Formule 1 - L’amour vache entre Mercedes et Red Bull

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Formule 1L’amour vache entre Mercedes et Red Bull

L’écurie autrichienne a tenté de «piquer» une centaine d’ingénieurs à la marque à l’étoile. Elle a réussi à en signer quinze.

par
Luc Domenjoz

Toto Wolff furieux

Tout a commencé par la décision du retrait de Honda de la compétition, qui se produira en fin de saison 2021. Red Bull, dont les monoplaces sont motorisées par la marque japonaise, a décidé de construire ses propres moteurs (avec l’aide de Honda) en montant une nouvelle société, Red Bull Powertrains, qui va s’implanter à Milton Keynes, en Angleterre. L’écurie va y concevoir et construire les futurs moteurs qui propulseront les F1 à partir de 2025.

Pour créer une telle société, Red Bull a besoin de centaines d’ingénieurs, si possible spécialisés en moteurs de Formule 1. Et il n’y a que trois autres constructeurs qui en fabriquent: Renault (avec une usine basée à Viry-Châtillon, en banlieue parisienne), Ferrari (à Maranello), et Mercedes (dont l’unité HPP est située à Brixworth… à 40 kilomètres de Milton Keynes!)

«Essayer de nous y prendre une quinzaine d’ingénieurs, ça semble presque normal… mais ils (les gens de Red Bull) en ont approché une centaine!»

Toto Wolff, patron de l’écurie Mercedes

Pas étonnant du coup que Red Bull ait tenté de recruter des employés chez Mercedes. «Évidemment, si vous montez une usine de moteurs de F1 en Angleterre, vous savez qu’il n’y en a qu’une seule, c’est la nôtre», constate Toto Wolff, le patron de l’écurie Mercedes. L’Autrichien n’était vraiment pas content, vendredi, dans le paddock de Barcelone. «Nous avons 900 employés à Brixworth. Essayer de nous y prendre une quinzaine d’ingénieurs, ça semble presque normal… mais ils (les gens de Red Bull) en ont approché une centaine! Je crois qu’ils ont réussi à nous en piquer quinze, quelque chose comme ça. Ils ont un vrai mont Everest à gravir pour monter leur projet.»

Chez Red Bull, Helmut Marko, qui dirige le sport automobile, a déclaré à la presse allemande que Mercedes doublait les salaires de ses employés pour qu’ils ne quittent pas la marque à l’étoile. À cette évocation, Toto Wolff a explosé: «Doubler les salaires, on peut le faire, oui, mais nos concurrents peuvent les tripler, et là on ne peut plus suivre. Mais c’est ainsi. Je respecte ceux qui veulent monter leur affaire… le temps de la vengeance n’est pas encore arrivé!» Voilà une affaire qui ne va pas arranger les relations entre les deux écuries qui se disputent le championnat 2021.

Hamilton: «Fichez la paix à Bottas»

Après trois Grands Prix, Valtteri Bottas concède déjà 37 points à Lewis Hamilton (le Finlandais est quatrième du championnat, derrière son équipier, Max Verstappen et Lando Norris). Il n’en fallait pas plus pour que la presse anglaise, cette semaine, annonce le remplacement du Finlandais par George Russell dès cet été.

Interrogé sur la situation, Lewis Hamilton a défendu son équipier: «je crois que Valtteri et moi formons une paire très équilibrée, remarque le septuple champion du monde. Et Valtteri a tout de même signé la pole-position de la dernière course, au Portugal. Franchement, les gens devraient lui ficher la paix et bien regarder ce qu’il fait en piste!»

Pour le Britannique, Valtteri Bottas constitue un équipier idéal: bon metteur au point, travailleur, et… pas franchement une menace qui pourrait l’empêcher de remporter le titre mondial. Pas étonnant que Lewis Hamilton souhaite que Mercedes conserve le Finlandais.

Les Anglais parlent aux Anglais

Le calendrier de la saison 2021 de F1, tout comme l’an dernier, va devoir faire preuve de souplesse et s’adapter aux contraintes de la pandémie. Vendredi soir, le gouvernement britannique a placé la Turquie sur la liste rouge des pays au retour desquels ses ressortissants doivent observer une quarantaine. Ce qui rend presque impossible la tenue du Grand Prix de Turquie, prévu le 13 juin. Les sept écuries anglaises n’auraient pas la possibilité de regagner leurs usines pour se préparer aux grands prix européens de l’été.

Les plans B consistent soit à tenir deux Grands Prix de France, avec une course le 20 juin et une autre le 27, soit à organiser deux Grands Prix d’Autriche, en avançant le Grand Prix de France au 20 juin puis en organisant deux courses à Spielberg, le 27 juin puis le 4 juillet.

Le problème de la liste rouge de la Turquie ne concerne pas les écuries Ferrari, Alpha Tauri ou Sauber. Mais comme toujours en Formule 1, les Anglais décident tout en fonction de leurs seuls intérêts.

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