Formule 1 - Lando Norris a profité des circonstances
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Formule 1Lando Norris a profité des circonstances

Une piste qui s’assèche, un zeste de risques, un Hamilton dans le mur, un Verstappen qui part dernier… et c’est la pole position! Lando Norris a hissé sa McLaren à la première place pour la première fois de sa carrière.

par
Luc Domenjoz
Yannick Michel/LM

«J’ai pris des risques»

Deux semaines tout juste après son doublé surprise de Monza, l’écurie McLaren a réussi un nouveau joli coup, à Sotchi, en plaçant Lando Norris en pole position. Et avec plus d’une demi-seconde d’avance sur tous ses adversaires, s’il vous plaît.

On s’en doute, le jeune Britannique ne savait plus comment il s’appelait après les qualifications. «C’est absolument incroyable. Je ne sais même pas quoi dire, pour être franc. C’était une séance qualificative folle, et à l’évidence, nous avons pris la bonne décision pour passer au meilleur moment aux pneus lisses. Mais vous savez, vous n’avez aucune idée, vous ne savez pas que vous avez signé la pole jusqu’à ce qu’on vous le dise à la radio. »

Lando Norris avoue qu’il n’était pas facile de garder la voiture sur la piste humide. «On était à la limite entre les pneus pluie et les pneus lisses. Le tour précédent, j’étais deux secondes plus lent, et je n’étais pas certain de pouvoir améliorer autant pour mon dernier tour. Mais j’ai gardé les pneus aussi chauds que possible, j’ai pris plusieurs risques, je dois bien l’avouer… et ça a payé!»

Après le doublé de Monza, c’est donc encore un excellent résultat pour McLaren. «À Monza, nous avons profité d’une belle occasion. Dans l’équipe, nous nous sommes tous dit que ça ne se reproduirait plus, mais qu’il fallait profiter de chaque opportunité. C’est exactement ce que nous avons fait aujourd’hui, et j’espère bien que ça va continuer en course!»

Hamilton «très déçu par lui-même»…

Les deux premières phases des qualifications, Q1 et Q2, se sont déroulées sur piste humide, tous les pilotes tournant en pneus intermédiaires. Lewis Hamilton semblait parfaitement maîtriser son sujet, d’autant que les Mercedes se sont toujours imposées sur le circuit de Sotchi et s’y présentaient en grandes favorites.

Mais en Q3, alors qu’il venait à nouveau de signer le meilleur chrono, le septuple champion du monde s’est laissé surprendre. Assez rapidement, la piste s’asséchant, quelques pilotes ont décidé de passer aux pneus lisses. Il s’est vite avéré que ces derniers étaient les plus rapides.

Alors qu’il restait moins de cinq minutes à disputer, l’écurie Mercedes a donc rappelé ses deux pilotes. Première faute: Lewis Hamilton a raté le virage de l’entrée des stands et a légèrement tapé les bordures. Aileron avant cassé net.

Ses mécaniciens ont alors réussi à le lui changer avant que le Britannique ne puisse reprendre la piste, à moins de trois minutes de la fin des essais.

Après un tour d’observation, il s’est lancé dans son dernier tour rapide… mais à quatre virages de la ligne d’arrivée, il est parti en tête-à-queue et a légèrement embouti les bordures de son aileron arrière.

De retour aux stands, le Britannique se retrouvait quatrième, lui qui avait dominé toute la séance de qualifications - sauf la dernière minute!

«Je suis incroyablement déçu par moi-même», commenta-t-il après avoir enlevé sa combinaison de course. «Jusque-là, je me sentais bien dans le coup, j’avais le bon rythme. Et puis j’ai perdu de la température dans les pneus, et j’ai tapé deux fois. C’est plutôt rare de ma part.»

… et un brin mystique!

L’écurie Mercedes est parvenue à remplacer les pièces abîmées sans que son pilote vedette ne doive subir de pénalité. Il partira donc quatrième au Grand Prix de Russie, derrière Lando Norris, Carlos Sainz et George Russell, son futur coéquipier - celui-là au moins ne devrait pas lui opposer trop de résistance!

«Les gars devant moi semblent avoir un bon rythme, ça ne sera pas si facile de les passer», poursuivait Lewis Hamilton. «Je vais juste prier ce soir (ndlr: samedi), et espérer que la voiture fonctionne bien. Ce genre d’épreuve nous est envoyée pour nous tester. Je ne me sens pas très glorieux en ce moment, mais je vais tourner tout ça dans ma tête pour en retirer du positif et faire de mon mieux…»

Pierre Gasly «super fâché»

Alors que Pierre Gasly est habitué à qualifier son Alpha Tauri dans les trois premières lignes de la grille de départ, le Français a été éliminé en Q2 pour le Grand Prix de Russie. Et il n’a pas aimé ça du tout.

De retour à son stand, toujours dans son cockpit, il a frappé à plusieurs reprises sur son halo pour exprimer sa colère. «Je ne comprends pas ce qui s’est passé, tonnait-il. À la radio, j’avais demandé à mes ingénieurs de m’arrêter pour chausser des pneus intermédiaires neufs, et on ne m’a pas arrêté, je suis resté avec des gommes usées. J’aurais pu facilement gagner plus d’une seconde et me retrouver en Q3. Et quand on voit comment ça s’est passé ensuite, nous aurions même pu avoir une magnifique opportunité. C’est nul, je ne sais pas pourquoi mon équipe a réagi aussi mal. On va en parler ce soir!»

Qualifié douzième, le Français aura du mal à terminer sur le podium, alors qu’il imagine qu’il aurait pu prendre la place de Lando Norris s’il avait pu disputer la séance Q3…

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