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ValaisL’appel de détresse d’une entreprise de fitness

Depuis le début de la pandémie, une salle de fitness à Sierre a dû fermer presque 5 mois. Sa patronne est totalement découragée face aux maigres indemnisations distillées par les autorités.

par
Eric Felley
Une salle désespérément vide pour le Fitness Club de Sierre, à l’image de tant d’autres salles de fitness en Suisse romande.

Une salle désespérément vide pour le Fitness Club de Sierre, à l’image de tant d’autres salles de fitness en Suisse romande.

le fitness club

C’est un appel de détresse que lance le Club Fitness de Sierre pour attirer l’attention des autorités sur les entreprises de ce secteur durement touchées par la fermeture de leurs locaux. La patronne, Roxane Jeltsch, n’est pas du genre à baisser les bras. Elle est plutôt calme et positive dans la vie, mais là elle est franchement découragée: «Depuis le début, nous avons respecté les décisions prises par nos politiciens, en étant conscients de la situation. Nous avons fait tout ce qu’on nous demandait, mais finalement nous le payons très cher!»

Le Club Fitness de Sierre a ouvert en juin 2014. «C’est une entreprise qui a grandi avec les années, explique-t-elle, ce qui nous a permis de faire vivre quelques employés, et pour d’autres, donner la possibilité de pratiquer leurs disciplines. Nous avons eu, pendant 5 ans les difficultés d’une jeune entreprise pour finir les fins de mois. Comme dans toute jeune entreprise, les charges importantes de crédit de construction et rénovation, de leasing, les charges salariales, les loyers ne nous permettent pas de bénéficier d’une trésorerie et encore moins d’une baisse de chiffre d’affaires.»

Première vague: une dette supplémentaire

L’arrivée de l’épidémie a bouleversé cet équilibre fragile. Les salles de fitness ont été parmi les premiers lieux touchés par les fermetures. «Lors du premier confinement, explique la patronne, nous avons bénéficié de l’aide de la Confédération et obtenu un crédit qui nous a permis de faire la jonction jusqu’au mois de mai, tout en sachant qu’il faudrait repartir avec une nouvelle difficulté, celle d’une dette supplémentaire. Mais de mai à octobre, ce fut une chute monumentale des abonnements et surtout de la fréquentation de la clientèle, pas prête à revenir, en attente de la suite des décisions de la Confédération ou du Canton du Valais».

Au mois d’octobre, la deuxième vague arrive et les portes doivent refermer. Le fitness, qui doit gérer de nombreux abonnements, n’a pas d’autres choix que de les prolonger: «Nous avons permis à ceux qui le désiraient de prolonger leur abonnement récupérant les mois perdus. Pourquoi devraient-ils abandonner des mois où ils n’ont pas pu pratiquer? Mais ils ne peuvent pas imaginer la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons.»

Deuxième vague: une indemnité qui ne couvre pas un loyer

Enfin, la réouverture temporaire de mi-décembre n’a en rien arrangé à la situation, donnant de faux espoirs: «Le seul point positif des réouvertures est de revoir nos membres, de renouer un minimum avec une petite normalité et surtout permettre à tous ces gens qui ont subi difficilement cette solitude de pouvoir retrouver d’autres personnes et partager quelques instants.»

À l’heure actuelle, l’entreprise a un manque à gagner de plusieurs mois: «5 mois de perdus et 5 mois de prolongation d’abonnements font10 mois! Comment pourrons-nous nous relever?» Pour l’instant, en tout cas pas avec les aides du canton et de la Confédération. À la suite de la deuxième vague, le Fitness Club a reçu une première aide: «Elle ne paie même pas le loyer d’un mois, soupire la patronne. Elle nous permet de payer les produits de désinfection du matériel ainsi que les rouleaux papiers pour le faire et le gel hydroalcoolique. J’en reste sans voix… Mais les impôts, les factures, les obligations, elles, sont là, bien là.»

Laisser mourir les petits, laisser grandir les grands

Roxane Jeltsch, patronne du Fitness Club, Sierre

«Je ne suis pas en colère, tiens à préciser Roxane Jeltsch. Je l’étais au début, maintenant je suis désespérée de voir qu’on ne nous entend pas, que les autorités nous ignorent. Si la situation ne s’améliore pas, nous risquons de tout perdre, tout ce que nous avons mis peu à peu dans cette entreprise, à cause d’une situation que nous n’avons pas choisie, comme beaucoup d’autres commerçants.» Elle a finalement le sentiment qu’on est en train de «laisser mourir les petits et laisser grandir les grands…».

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