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Asile en SuisseL’appel de la dernière chance pour une famille de requérants

Réfugiée en Suisse depuis trois ans, une petite famille géorgienne a tout tenté pour rester en Suisse. Malgré les lourds handicaps du père, le SEM est resté inflexible.

par
Eric Felley
Lela est décidée à se battre pour l’avenir de son fils et la qualité de vie de son mari gravement blessé dans un accident.

Lela est décidée à se battre pour l’avenir de son fils et la qualité de vie de son mari gravement blessé dans un accident.

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Lela est une femme déterminée et n’est pas du genre à laisser tomber. Avec leur fils Amiran, âgé de 7 ans, ce couple géorgien a cherché l’asile en Suisse en 2018. La raison principale était de trouver des soins mieux adaptés au père qui a été victime d’un accident de circulation en 2014, une année après leur mariage. Ils ont déposé une demande d’asile, mais celle-ci a été refusée par le Secrétariat d’État aux migrations (SEM), qui estime que le système de santé en Géorgie est aujourd’hui suffisamment doté pour s’occuper du père.

Pour ces raisons, leurs démarches n’ont abouti qu’à des refus. Lela a fait un ultime recours auprès du Tribunal administratif fédéral cet été avec de nouvelles attestations médicales, mais là aussi on a considéré que l’état de santé du père ne justifiait pas l’asile en Suisse. Pendant ce temps, le petit garçon a été scolarisé avec succès à l’école des Genêts au Grand-Saconnex. Aujourd’hui, la petite famille est logée au Foyer Rigot de l’Hospice général à Genève. La responsable, Barbara de Dobes, confirme que ses pensionnaires se sont très bien intégrés: «Le petit parle déjà très bien français. La mère aussi participe à toutes les activités que nous organisons. C’est vraiment une famille parfaite.»

Refus systématique pour les Géorgiens

Parfaite ou pas, le problème n’est pas là. La question de la migration de la Géorgie vers la Suisse est récurrente depuis quelques années. En septembre 2019, le secrétaire d’État aux migrations, Mario Gattiker, et le ministre de l’Intérieur géorgien, Vakhtang Gomelauri, ont signé une déclaration commune pour lutter contre cette migration qui s’est développée depuis que les citoyens géorgiens sont exemptés de l’obligation de visa pour l’Espace Schengen.

En réalité, «les demandes des Géorgiens n’ont aucune chance d’aboutir, note un observateur de l’asile. Ce sont souvent des personnes qui ont des graves problèmes médicaux, ce qui complique leur rapatriement. Mais le SEM refuse systématiquement car il ne veut pas créer de précédent et un appel d’air.» Depuis août 2019, la Suisse estime que la Géorgie est un pays sûr «vers lesquels le rapatriement de requérants déboutés est considéré comme raisonnable». La Suisse a par ailleurs demandé à la Géorgie de bien informer sa population que les demandes d’asile sans motifs valables sont vouées à l’échec.

Mais pour Lela, ces accords entre les deux pays demeurent abstraits par rapport à ses perspectives d’avenir: «Nous n’avons rien en Géorgie, aucun avenir, si ce n’est dormir dans la rue.»

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82 commentaires
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Êtreelle

12.12.2020 à 21:27

En fait, vu les commentaires, ce qui gêne le plus, c'est le coût financier de cette prise en charge de cette famille, je connais la famille qui s'est bien integrée, voila une jeune femme qui pourrait travailler et ainsi elle pourrait subvenir au besoin de sa famille, comme d'ailleurs tous les étrangers qui sont arrivés en Suisse surtout dans les années 1970 à 2010, il y a à Genève 40 % d'etrangers et 60% de Suisse, d'ont une grande partie des étrangers qui se sont naturalisés Suisse. Il est vrai que ces 2 dernières années, il est plus difficile de trouver un emploi, on peut encore trouver dans certaines branches. Il y a eu plus d'étrangers qui sont venus en Suisse pour raisons économiques que politiques, ils ont pu s'intégrer, faire fonctionner l'économie du pays. Donc, je pense que cette famille est déjà bien intégrée et peut s'assumer si elle a la possibilité de trouver un travail. L'enfant va plus tard aussi apporter à la Suisse comme les enfants des Italiens, Espagnols, Portugais.

Micadeau

12.12.2020 à 16:32

Qui suis-je? Je viens d'une bonne famille, je viens dans les beaux quartiers et je reçois mon salaire à 100% cette année. Un fonctionnaire du SEM, un assistant social de l'evam ou un juriste spécialisé en droit d'asile ?

Ex pat

12.12.2020 à 14:31

Il suffit d'inviter tous les réfugiés potentiels à lire les commentaires de fruh strés pour ne plus avoir envie d'aller en Suisse. Comme quoi l'argent ne rend pas forcément heureux .