Test - L’Apple TV fait sa mue, doucement mais sûrement
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TestL’Apple TV fait sa mue, doucement mais sûrement

Le nouveau boîtier multimédia de la marque à la pomme apporte quelques solides innovations et reste un modèle de fonctionnalité. Mais handicapé en Suisse par l’absence de Siri.

par
Christophe Pinol
Un boîtier ne présentant aucune différence esthétique avec son prédécesseur mais une nouvelle télécommande plus ergonomique.

Un boîtier ne présentant aucune différence esthétique avec son prédécesseur mais une nouvelle télécommande plus ergonomique.

Apple.

Quatre ans après la sortie de son dernier modèle, voilà que l’Apple TV opère enfin sa mue de printemps. Une mue timide, proposant certes une version plus puissante, ainsi que de solides innovations, mais que l’on aurait souhaité plus révolutionnaire. On va y revenir… Mais avant cela, peut-être est-il utile de rappeler à quoi sert une Apple TV. Et surtout quels avantages offre un tel appareil par rapport à la plupart des téléviseurs modernes – entendez connectés –, eux aussi dotés de services similaires.

L’Apple TV, c’est une passerelle multimédia permettant d’accéder à des contenus de toute sorte via des applications à télécharger. Soit avant tout une porte d’entrée vers la plupart des plateformes de streaming vidéo (Netflix, Disney+, Apple+, Amazon Prime…) ou musical (Deezer, Spotify, Tindal…). Exactement ce que proposent aujourd’hui bon nombre de téléviseurs, on est d’accord. Sauf qu’avec la force de frappe de l’App Store, les applications y sont beaucoup plus nombreuses. À titre d’exemple, la récente Play Suisse, plateforme de streaming de la SSR, n’est pas disponible sur notre Panasonic EZ1000, pourtant l’un des écrans les plus onéreux de 2017. L’Apple TV, elle, nous la trouve en un clin d’œil. Mais on pourra aussi y dénicher des applications de podcast, ou encore domotiques pour contrôler par exemple son chauffage, sa sonnette connectée ou sa caméra de sécurité, et voir ainsi s’afficher sur notre téléviseur la personne qui attend devant notre porte ou celle qui se faufile dans le jardin.

Elle en a sous le capot

Bien entendu, le boîtier est avant tout prévu pour fonctionner dans l’écosystème conçu à Cupertino et il se montre particulièrement efficace auprès des utilisateurs des appareils «pommés». On va d’ailleurs y retrouver Apple Arcade – jouer à «Fantasian» sur son téléviseur, c’est tout de même autre chose que sur son smartphone! – mais aussi Apple Music pour jouir de ses playlists sur son installation Home Cinéma ou sa barre de son, nos photos sauvegardées sur iCloud, et bientôt Apple Fitness+, dès que le service sera disponible en Suisse.

Le tout, avec une fluidité de navigation jamais prise en défaut, là où un téléviseur a vite tendance à ramer. Pour alimenter cette nouvelle box, Apple a d’ailleurs remplacé sa puce A10X par la A12 Bionic, équipant déjà les iPad 2020 et l’iPhone XS. Résultat? On surfe au sein de tvOS avec encore plus de rapidité. Et puis si le boîtier version 2017 supportait déjà le Dolby Atmos, la puissance de traitement de l’édition 2021 permet maintenant d’améliorer sensiblement le traitement de l’image. D’abord avec le support du HDR 4K à 60 Hz, idéal pour apporter plus de fluidité aux rencontres sportives, mais aussi du Dolby Vision, un HDR de luxe – lui, plutôt prévu pour le cinéma – puisque là où la version classique gère de manière uniforme les différents pics de luminosité, le Dolby Vision permet de traiter les scènes d’un film de manière spécifique, afin d’exploiter pleinement aussi bien les séquences les plus éclairées que les plus sombres.

Magique, le calibrage d’écran!

Alors effectivement, les possesseurs de l’Apple TV 2017 risquent d’être déçus par un boîtier ne présentant aucune différence esthétique avec son prédécesseur (même élégante finition brillante, même châssis carré de 98 mm x 98 m x 35 mm) et proposant une mise à niveau tout en douceur. L’achat (l’Apple TV 4K est proposé en deux variantes: l’une de 32 Go à 199 fr. et l’autre de 64 Go à 228 fr. 90) est donc plutôt à envisager pour ceux possédant un modèle plus ancien, ou pas d’Apple TV du tout. On peut toutefois saluer deux innovations pour le coup vraiment marquantes. D’abord une technologie permettant d’adapter la colorimétrie des contenus vidéos en fonction de la luminosité ambiante et du type de téléviseur connecté. Le tout sans avoir à toucher les paramètres de ce dernier. Autrement dit, des réglages qui ne seront effectifs que sur l’Apple TV.

Et la démarche est d’une simplicité enfantine: il suffit de venir placer son iPhone à quelques centimètres du téléviseur lorsque l’application nous le demande, écrans face à face. L’Apple TV se charge alors de calibrer ses couleurs en fonction de ce que capte la caméra frontale Face ID du smartphone, elle nous propose ensuite de comparer l’image d’origine avec la nouvelle et il ne nous reste plus qu’à choisir notre préférée. Qu’on se rassure, même en optant pour les nouveaux réglages, il sera toujours possible de revenir aux anciens en passant par les paramètres.

La fonction est d’ailleurs vraiment efficace. Elle nous a même permis d’améliorer un tantinet l’image de notre téléviseur – pourtant calibré aux petits oignons – en apportant des tons légèrement plus naturels. Et on imagine sans peine le gain que cela peut apporter à un écran vierge de tout travail colorimétrique.

Le savoir-faire tactile d’Apple

Deuxième atout: sa télécommande remaniée. Il était temps, car la précédente était le principal point noir de la box, notamment à cause d’un pavé tactile aussi imprécis que capricieux. Ici, ce dernier fait place à un «clickpad» circulaire assez ingénieux puisqu’il garde un aspect tactile – il suffit de balayer son pouce sur sa surface pour naviguer de manière rapide dans l’interface – mais aussi des touches physiques, présentées en anneau, et permettant de passer d’une application ou d’un paramètre à l’autre de manière plus précise. Mieux: lors du visionnement d’une séquence vidéo, une fois sur pause, il suffit d’effectuer un geste circulaire sur cet anneau pour déclencher une avance ou un retour rapide d’une précision redoutable.

On notera aussi l’apparition d’un bouton mute – pourquoi pas – ainsi qu’un autre spécifiquement dédié à l’allumage… mais qui n’apporte en réalité rien de plus. Oui, il permet d’allumer ou d’éteindre automatiquement à la fois le boîtier et le téléviseur connecté. Mais avec l’Apple TV 2017, il suffisait de couper le contact du téléviseur pour que le boîtier suive le mouvement. Même chose à l’allumage lorsque l’on passait sur l’entrée vidéo dédiée. Par contre, on aurait aimé pouvoir désactiver uniquement l’Apple TVr, pour continuer à utiliser le téléviseur sans lui. Mais la manœuvre est impossible. Il faudra attendre qu’il s’éteigne de lui-même selon les réglages apportés au minuteur (minimum 15 minutes).

Mais où est Siri?

Et puis il a le cas Siri, qui écope lui aussi d’un bouton dédié. Une bonne nouvelle, a priori… Oui, sauf que l’assistant vocal maison est toujours outrageusement indisponible en Suisse sous tvOS. On a beau appuyer et balancer tous les «Dis Siri» possibles, rien ne se passe. Alors qu’il est pourtant bien présent chez nos voisins français et allemand. C’est d’autant plus rageant qu’il est visiblement super-pratique pour lancer une application, faire une recherche sur la filmographie d’un acteur ou même de revenir 15 secondes en arrière au cours d’un film – d’un simple «Dis Siri, qu’est-ce qu’il/elle vient de dire?» – si on a loupé une réplique. Pour une télécommande baptisée Siri Remote, c’est tout de même fort de café que le principal intéressé en soit totalement absent. À noter que ce petit boîtier est compatible avec les Apple TV d’anciennes générations et disponible à l’unité au prix de 65 fr.

La box est aussi équipée des dernières normes en matière de connectique de connectivité, soit du wi-fi 6 et d’une prise HDMI 2.1. De quoi laisser espérer une prochaine mise à jour logicielle pour assurer la compatibilité avec la 4K à 120 i/s, si le téléviseur connecté le permet.

Enfin, il faut reconnaître que le confort de l’écosystème Apple est vraiment appréciable. L’installation se fait en un clin d’œil, les différents appareils de la marque sont immédiatement reconnus… Il suffit par exemple de paramétrer une sortie audio vers un HomePod, des AirPods, AirPods Pro ou AirPods Max pour que la connexion Bluetooth s’établisse dès que l’on approche l’un de ces appareils.

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