Ski alpin: Lara Gut: «Et si c'était juste de l'amour?»

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Ski alpinLara Gut: «Et si c'était juste de l'amour?»

La championne de 27 ans a publié une longue lettre sur son compte Facebook dimanche soir. Morceaux choisis.

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Sport-Center
Lara Gut durant la Coupe du monde de football en Russie.

Lara Gut durant la Coupe du monde de football en Russie.

Keystone

Lara Gut a publié une longue lettre sur son compte Facebook, dimanche soir. Une publication dans laquelle la championne de 27 ans se livre et évoque les blessures morales qu'elle a subies durant sa carrière. Des attaques adressées à l'encontre de son père aux lettres d'insultes ouvertes par sa maman, qui les cachait pour épargner sa fille, en passant par son mariage avec le footballeur Valon Behrami.

Un dernier thème sur lequel la Tessinoise a tenu à préciser certains points face aux rumeurs et aux critiques émanant de quelques individus, en témoigne le titre de sa publication: «Et si c'était juste de l'amour?»

«Je suis une personne, je suis une fille, je suis une soeur, je suis une femme, je suis une tante, je suis une amie, une belle-fille, une belle-soeur et, oui, même une athlète. Et tous ces rôles, on peut les vivre à 100%. Il faut arrêter de croire qu'une chose se fait au détriment d'une autre. Alors voilà, excusez-moi de me défouler et si la vérité vous paraît trop évidente pour être vraie, mais je me suis mariée par amour, c'est tout», commence-t-elle à propos de sa relation avec Behrami.

«J'ai grandi avec des livres, des sentiments, des émotions et des personnes convaincues que l'amour avec un grand A existe. J'ai toujours admiré mes parents, la force et la confiance qu'ils se sont données l'un à l'autre. Quand j'ai rencontré la personne qui m'a fait me sentir chez moi, qui est entrée en moi, j'ai réalisé que j'avais trouvé qui devait m'accompagner chaque jour, pas après pas.»

«Non, je ne suis pas enceinte. Je bois de l'eau parce que j'ai toujours été sobre. Je vis entre Lugano et Udine (ndlr: où évolue Behrami) parce que je préfère passer deux minutes de plus avec Valon plutôt que deux de moins. Sur mes jours libres, je saute dans un avion et je rentre à la maison parce que c'est cent-mille fois mieux que de passer une journée à faire des appels vidéo. Et non, vivre ne se fait pas au détriment d'une carrière sportive, croyez-moi.»

«Je continuerai à skier tant que je sentirai la passion brûler à l'intérieur, l'envie de me remettre en question sur la piste, la nervosité quand je ne suis pas bien, la satisfaction de réussir une courbe réalisée comme je l'imaginais, le désir de m'améliorer et l'effet de l'adrénaline avant une course. Mais je ne serai pas que ça. Parce que ça, ce n'est que mon côté athlète.»

«En décembre, je demanderai toujours à ma maman si on préparera ensemble les biscuits de Noël comme on le faisait quand j'étais petite. Je sauterai dans les bras de mon mari à chaque fois que je rentrerai à la maison. Je m'émerveillerai devant les chevaux que papa sait dessiner à la perfection. Je mettrai mon réveil le seul jour que je passerai au Tessin pour aller prendre le petit-déjeuner avec ma meilleure amie quand elle sortira de son travail de nuit. Je ferai de la pizza avec les garçons à la maison. Je défendrai mon frère et je ferai encore plus d'après-midis avec lui au lac ou sur le canapé chez mes beaux-parents à regarder les matches de Valon quand je ne pourrai pas y assister. Ça s'appelle la vie et ce sont des moments qui resteront à jamais gravés dans mon coeur. Je vais peut-être vous sembler un peu trop humaine parce que j'ai trop souvent caché mes sentiments derrière ma façade d'athlète. Gagner c'est beau. Mais le véritable succès, c'est d'exceller avec le coeur heureux.»

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