Golf: L’Arabie saoudite et une polémique dans l’ombre du PGA Championship
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GolfL’Arabie saoudite et une polémique dans l’ombre du PGA Championship

La deuxième levée du Grand Chelem de la saison 2022 se dispute sans son tenant du titre, Phil Mickelson, «en congé sabbatique» depuis la publication de propos désobligeants. 

par
Jérôme Reynard
Tiger Woods a lancé son premier tour du PGA Championship jeudi.

Tiger Woods a lancé son premier tour du PGA Championship jeudi.

AFP

Le PGA Championship, deuxième levée du Grand Chelem de la saison 2022, a démarré ce jeudi sur le parcours de Southern Hills à Tulsa, dans l’Oklahoma. Des absents de marque sont à signaler. On pense au long frappeur américain Bryson DeChambeau, ex-No 4 mondial, pas suffisamment remis d’une opération au poignet gauche. Mais aussi et surtout à son compatriote Phil Mickelson, six Majeurs en poche et tenant du titre.

C’est que «Lefty», son surnom (il est gaucher), est «en congé sabbatique» depuis le mois de février et la publication de propos qu’il aurait tenus au sujet du circuit professionnel américain (PGA Tour) et de l’Arabie Saoudite, pour le compte d’une biographie.

«Le PGA Tour aime prétendre être une démocratie, mais c’est vraiment une dictature.»

Phil Mickelson

Il faut d’abord planter le décor pour comprendre. Début juin seront lancées les LIV Golf International Series, une Ligue dissidente très lucrative (25 millions de dollars de dotation par tournoi; soit deux fois plus que pour le PGA Championship) de huit événements, financée par l’Arabie saoudite et pour laquelle le Tour américain a récemment refusé d’accorder des dérogations aux membres (joueurs) qui ont demandé à y participer. 

Phil Mickelson, «en congé sabbatique».

Phil Mickelson, «en congé sabbatique».

AFP

Un raisonnement étonnant

Phil Mickelson, lui, fait partie des golfeurs attirés par cette Super Ligue. Les propos qu’il aurait tenus, selon le journaliste Alan Shipnuck? «Le Tour aime prétendre être une démocratie, mais c’est vraiment une dictature (...) Ils divisent pour régner. Les préoccupations envers les meilleurs joueurs sont très différentes de celles envers les gars qui sont plus bas dans la liste des gains, alors que ces derniers sont beaucoup plus nombreux.»

«Lefty» aurait en outre eu un raisonnement pour le moins étonnant en citant le royaume saoudien. «Nous savons qu’ils ont tué Khashoggi (ndlr: Jamal, journaliste et éditorialiste pour le Washington Post) et qu’ils ont des précédents terribles pour ce qui est des droits et des libertés. Ils exécutent des gens parce qu’ils sont homosexuels. Sachant tout ça, pourquoi penserais-je à rejoindre cette Super Ligue? Parce que c’est une occasion unique de remodeler la façon dont fonctionne la PGA.»

«Il y a beaucoup d’argent ici, le Tour est en pleine croissance. Mais il faut aller sur le terrain et le gagner.»

Tiger Woods

Tiger Woods soutient le PGA Tour

Forcément, le thème est revenu sur la table, cette semaine à Tulsa, avant le début d’un PGA Championship privé de son tenant du titre. A vrai dire, ils sont plusieurs à avoir été interrogés à ce sujet lors des différentes conférences de presse d’avant-tournoi. Dont Tiger Woods. «Phil a dit des choses que beaucoup d'entre nous, qui sommes engagés dans le Tour et dans l’héritage du Tour, avons rejeté», a réagi l’homme aux 15 victoires en Grand Chelem, avant de «justifier» son soutien au circuit américain.

«Je crois aux héritages. Je crois aux tournois majeurs. Je crois aux grands événements. Je crois aux comparaisons avec les figures historiques du passé, a expliqué le Tigre. Il y a beaucoup d’argent, ici, le Tour est en pleine croissance. Mais c’est comme dans n’importe quel autre sport, comme dans le tennis. Il faut aller sur le terrain et le gagner…»

Qui sera le grand vainqueur dans l’Oklahoma? En tout cas pas Phil Mickelson, autour duquel les principales interrogations concernent la date de son retour et l’accueil que le monde du golf lui réservera.

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