football - «L’arbitre est une cible un peu facile»
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football«L’arbitre est une cible un peu facile»

Président de la Commission des arbitres de l’ASF, Christophe Girard peine à croire que l’arbitre Björn Kuipers ait pu insulter des joueurs du PSG lors de la rencontre face à Manchester City.

par
Emile Perrin
Angel Di Maria (qui vient d’être expulsé), Leandro Paredes et Marco Verratti (de gauche à droite) entourent l’arbitre Björn Kuipers.

Angel Di Maria (qui vient d’être expulsé), Leandro Paredes et Marco Verratti (de gauche à droite) entourent l’arbitre Björn Kuipers.

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Eliminé de la Ligue des champions par Manchester City au terme d’une demi-finale mouvementée et perdue 2-0 mardi soir, le Paris Saint-Germain a du mal à digérer. Marco Verratti et Ander Herrera accusent l’arbitre, le Néerlandais Björn Kuipers, d’avoir proféré des insultes. Frustration de l’élimination? Paroles mal maîtrisées comme les nerfs en fin de rencontre? Le président de la Commission des arbitres de l’Association suisse de football (ASF), le Vaudois Christophe Girard, nous livre sa vision de la polémique.

Christophe Girard, les joueurs parisiens accusent monsieur Kuipers de les avoir insultés. Vous y croyez?

Je n’ai pas vu la scène incriminée. Mais vu le CV gigantesque de Björn Kuipers (ndlr: le Néerlandais a notamment deux Coupes du monde, deux Euros, une finale de Ligue des champions et deux d’Europa League à son actif), je suis surpris. Tant qu’aucune preuve n’est apportée, je peine à croire qu’il ait pu perdre son sang-froid et insulter des joueurs.

La pression est énorme lors de ce genre de matches. Cela pourrait-il expliquer que l’arbitre ait fauté?

Il est rompu à l’exercice périlleux qui consiste à diriger des matches avec de tels enjeux. Il a la réputation d’être et de savoir rester calme. Si cette stratégie permet aux Parisiens de justifier le résultat du match, laissons-les maîtres de leur choix.

On pourrait interpréter ces accusations comme une «diversion» et faire endosser à l’arbitre le costume du coupable «idéal»…

L’arbitre est une cible un peu facile. Les Parisiens évitent peut-être ainsi d’effectuer leur travail d’introspection et de réaliser leur autocritique.

De telles accusations ont-elles déjà visé un arbitre suisse?

De mémoire, cela n’est jamais arrivé. Mais on n’est jamais à l’abri.

Cela signifie-t-il qu’il se dit des choses répréhensibles entre joueurs et arbitres?

Les joueurs ont coutume de dire que ce qui se dit dans le vestiaire reste dans le vestiaire. C’est pareil sur le terrain entre les arbitres et les joueurs. Beaucoup de propos inacceptables sont prononcés sur les terrains à l’encontre des arbitres. Leur tolérance est variable selon les individus.

Comment les arbitres sont-ils «préparés» pour garder leur sang-froid?

Il faut du temps pour apprendre à gérer la pression du haut niveau. Cela vient au fur et à mesure, c’est une question d’expérience. La gestion des insultes qui sont dirigées vers un arbitre s’apprend d’abord dans les ligues inférieures. C’est dans les premiers échelons que les limites sont le plus souvent dépassées. Il est très probable que Björn Kuipers en ait fait l’expérience lui-même à ses débuts. Il a débuté son apprentissage dans les divisions inférieures de son pays. Quand Verratti vient réclamer à chaque coup de sifflet, il y est habitué, cela ne le perturbe pas.

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