09.09.2020 à 15:58

Sport de glisseLargués sur le Léman pour une expérience ébouriffante

À Morges, une nouvelle école de kitesurf propose aux élèves d’apprendre à glisser sur le lac depuis un bateau. De quoi rendre ce sport accessible aux débutants sans devoir quitter la Suisse.

par
Laura Juliano

La forte bise qui a soufflé sur la Suisse lundi était une occasion en or pour Pierre, Jeremy et Ludovic d’apprendre le kitesurf.

Ce sport de glisse tractée par un cerf-volant est peu accessible en Suisse pour les débutants. Et pour cause, les quelques zones où la pratique y est autorisées sont exiguës, cernées d’arbres, soumises à des vents turbulents ou saturées de pratiquants.

Raison pour laquelle les apprentis kitesurfeurs mettent habituellement le cap sur des pays leur offrant des conditions idéales pour apprendre, avec un vent stable et de longues plages de sable dénuées d’obstacles.

Covid-19: direction le Léman

Mais c’était sans compter l’arrivée du Covid-19. «Avec la crise qu’on est en train de vivre, c’est très difficile de voyager. Il y a une grosse augmentation de la demande cette année, remarque Alain Leiser, fondateur de la Kite School Léman. Il faut pouvoir offrir une sécurité à ces débutants. Le kitesurf est un sport magnifique que l’on peut pratiquer en Suisse sur nos lacs, il n’est pas nécessaire de voyager à l’autre bout de la planète.»

À 48 ans, ce féru de glisse vient d’ouvrir sa propre école itinérante. Après un premier cours de maniement de l’aile à terre, il emmène ses élèves en bateau depuis le port de Morges (VD) pour qu’ils fassent leurs armes en eau profonde. Et ce, quelle que soit l’orientation du vent. Équipés de radios, ceux-ci reçoivent les instructions à distance et n’ont pas à se soucier de dériver au gré du courant. Un luxe qui n’est pas possible au départ d’une plage.

«Ce n’est pas facile car la bise est peu constante, mais c’est extraordinaire de pouvoir kiter près de chez soi, avec le Mont-Blanc et les Alpes derrière, lance Pierre Monchatre dans un sourire non dissimulé. On commence loin des habitations, des arbres, on a moins d’appréhension!»

Le vent étant peu prévisible, les élèves s’inscrivent sur un groupe WhatsApp et sont informés dès qu’une session est possible. «Cela demande une certaine flexibilité, remarque Alain Leiser, mais avec le télétravail, les gens sont devenus plus enclins à adapter leurs horaires!»

Afflux massif et spots saturés

Un cours loin des obstacles naturels, mais aussi des autres pratiquants qui affluent en nombre aux abords des lacs romands depuis le mois d’avril. «Comme les gens voyagent moins, les spots se sont retrouvés saturés, note Thierry Langenberger, président de l’Association romande de kitesurf. On a eu d’innombrables problèmes de surcharge et de cohabitation entre les sportifs et les plagistes, n’impliquant pas d’accident mais avec des questions d’entente à régler et des communes inquiètes de cette arrivée massive de pratiquants. Au moins, cela nous a aussi permis de mieux faire connaître les règles et d’insister sur l’importance du respect mutuel quand on se trouve dans un lieu relativement étroit.»

La baie de Morges en ligne de mire

L’association espère étendre les zones légalement praticables pour les kitesurfeurs afin de répondre à cette demande croissante. En ligne de mire, la baie de Morges près de l’ancien stand de tir.

«Maintenant que le tir est fini, on trouve que ce site serait approprié pour implanter une base nautique, soulève Thierry Langenberger. Pas seulement pour le kitesurf, mais aussi pour d’autres sportifs qui pourraient profiter de cette baie réputée pour son vent le soir qu’on appelle le «morget», un thermique très agréable».

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1 commentaire
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Turtle Taupe

10.09.2020 à 20:34

Si c'est interdit ce n'est sûrement pas sans raison