révolte - Les violences en Afrique du Sud ont déjà fait dix morts en quatre jours

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révolteLes violences en Afrique du Sud ont déjà fait dix morts en quatre jours

Pour contenir les pillages qui font rage dans le pays depuis vendredi, l’armée sud-africaine a été déployée lundi dans plusieurs régions.

Les pillards, comme ici à Katlehong, à l’est de Johannesburg, ciblent centres commerciaux et magasins et emportent tout ce qu’ils trouvent.

Les pillards, comme ici à Katlehong, à l’est de Johannesburg, ciblent centres commerciaux et magasins et emportent tout ce qu’ils trouvent.

AFP

L’armée a été appelée en renfort lundi pour contenir les débordements en Afrique du Sud, au 4e jour de violences initialement déclenchées par l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma et qui ont déjà fait dix morts.

Des incidents ont éclaté vendredi en pays zoulou (est), dont Jacob Zuma est originaire et où il s’est constitué prisonnier après avoir été condamné à 15 mois de prison pour outrage à la justice.

Depuis, l’agitation a gagné les quartiers déshérités de Johannesburg où le sort de Jacob Zuma est largement hors sujet. Là, le moteur est alimentaire, économique: les restrictions imposées fin juin pour contenir une troisième vague meurtrière de Covid-19 ont étouffé les petits boulots et les moyens de subsistance des plus pauvres.

Ils emportent télés géantes, nourritures et frigos

C’est un chaos de «criminels et d’individus opportunistes» à la manœuvre, selon la formule d’un porte-parole de la police, qui ciblent centres commerciaux et magasins.

Ils emportent téléviseurs géants, nourriture, matelas, réfrigérateurs, tout ce qui se présente, enjambent un vélo rose pour enfant tout neuf ou trimballent une baignoire en équilibre sur la tête, selon des journalistes de l’AFP présents sur plusieurs sites.

Les forces de l’ordre, en infériorité numérique flagrante, coursent les pillards en tirant des balles caoutchoutées pour les disperser. Elles ont arrêté 489 personnes, a précisé le président dans la soirée.

Avec «un cœur lourd», Cyril Ramaphosa a souligné le caractère inédit de ces violences, estimant que si les «frustrations et la colère» exprimées ont «des racines politiques», «aucune cause ne peut les justifier». Il a promis de restaurer «le calme et la stabilité».

Lundi, le centre de Johannesburg présentait un paysage désolé de vitres brisées et de carcasses de voitures brûlées. Des hélicoptères de la police survolaient la mégalopole.

Dans les quartiers aisés, des commerces ont fermé tôt, les rumeurs courant bon train. «On nous a informés que les pillards étaient en route pour ici», a confié un garde du Rosebank Mall, en cours d’évacuation.

Centre commercial en flammes

À Pietermaritzburg (est), des soldats patrouillaient déjà parmi les débris et beaucoup de magasins n’ont pas ouvert, y compris les stations-services. Au milieu de pillages systématiques, les pompiers s’employaient à éteindre plusieurs sinistres, selon des témoins.

Dans cette ville, le centre commercial de Brookside a flambé. L’immense panache noir s’élevant du toit n’a pas découragé les dizaines de pillards qui se sont précipités dans le bâtiment en feu. À la sortie, des caddies remplis jusqu’à la gueule de marchandises volées, ont montré les chaînes locales.

À Soweto, ces scènes se sont répétées, comme dans le township de Katlehong, dans l’agglomération de Johannesburg. Là, sur un parking, un corps gît sous une couverture. Une manche de chemisier parme et une main en dépassent, selon un photographe de l’AFP.

La veille, dans le quartier de Jeppe, le corps d’un homme dans le caniveau était aussi recouvert. Un garde tué d’une balle dans la tête, selon des témoins.

La police enquête sur l’identité et les circonstances dans lesquelles dix personnes en tout ont trouvé la mort, six dans la région de Johannesburg, les quatre autres en pays zoulou, a précisé dans la soirée le chef de l’État.

Jugement mis en délibéré

Lundi, une audience virtuelle de la Cour constitutionnelle, celle qui a condamné Jacob Zuma pour outrage fin juin, a débattu de sa peine pendant dix heures. Elle a mis son jugement en délibéré sans préciser de date.

L’ancien président, 79 ans, a été jugé coupable d’avoir multiplié les prétextes fallacieux pour ne pas comparaître devant la commission qui enquête sur la corruption d’État sous sa présidence (2009-2018).

(AFPE)

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