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Guerre en Ukraine La Russie dit avoir pris Soledar, Kiev dément 

Moscou a affirmé vendredi avoir conquis Soledar à l’issue d’une bataille féroce, une annonce immédiatement démentie par Kiev selon qui des «violents combats» sont toujours en cours. 

Les environs de Soledar, à l’est de l’Ukraine, le 11 janvier 2023. 

Les environs de Soledar, à l’est de l’Ukraine, le 11 janvier 2023. 

AFP

«A été achevée le 12 janvier dans la soirée la libération de la ville de Soledar, qui est importante pour la poursuite des opérations offensives» dans la région de Donetsk, a affirmé Igor Konachenkov, le porte-parole du ministère russe de la Défense. La conquête de cette localité dans l’est de l’Ukraine serait une première victoire notable pour l’armée russe après plusieurs revers humiliants ces derniers mois.

«De violents combats se déroulent toujours à Soledar», a immédiatement répliqué à la télévision ukrainienne le porte-parole du commandement Est de l’armée ukrainienne, Serguiï Tcherevaty. Selon lui, «les forces armées ukrainiennes maintiennent la situation (à Soledar) sous contrôle dans des conditions difficiles» face «aux meilleures unités (du groupe russe de mercenaires) Wagner et d’autres forces spéciales» russes.

A la télévision ukrainienne, Serguiï Tcherevaty a accusé Moscou de «diffuser un bruit informationnel» faux autour de la conquête de cette ville autrefois connue pour ses mines de sel, pour «semer la méfiance parmi les Ukrainiens envers (leur) armée». «De petites retraites ou manœuvres ne signifient pas qu’il faille les percevoir comme une grande défaite», a-t-il lancé.

«Phase difficile» 

Plus tôt dans la matinée, la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar, avait évoqué «une offensive (russe) de forte intensité» dans la zone avec des combats qui «ont continué» dans la nuit, qui fut «chaude». «C’est une phase difficile de la guerre», avait-elle dit.

Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un organisme basé aux Etats-Unis, la capture de Soledar, une petite ville d’environ 10’000 habitants avant la guerre, «est peu susceptible de présager un encerclement imminent de Bakhmout», cible principale de l’armée russe, située à 15 kilomètres au sud-ouest de Soledar.

Elle «ne permettra pas aux forces russes d’exercer un contrôle sur les importantes lignes de communication terrestres ukrainiennes vers Bakhmout», notait-il dans son bulletin quotidien. Les combats dans et autour de Soledar font rage depuis plusieurs mois, mais leur intensité a fortement augmenté ces derniers jours.

Mercredi, le chef de Wagner, Evguéni Prigojine, avait déjà revendiqué la prise de Soledar avec ses hommes, avant d’être rapidement contredit non seulement par Kiev, mais aussi par le ministère russe de la Défense avec lequel il entretient des relations de rivalité.

Ville prise le 11 janvier? 

Dans son bulletin quotidien, l’ISW avait indiqué penser que «les forces russes ont (en réalité) probablement capturé Soledar le 11 janvier», soit mercredi. Pour appuyer ses propos, l’ISW évoquait notamment «des photos géolocalisées publiées les 11 et 12 janvier» qui «indiquent que les forces russes contrôlent probablement la plupart sinon la totalité de Soledar et ont probablement poussé les forces ukrainiennes hors de la périphérie ouest de la localité.»

Jeudi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait pourtant promis de fournir «tout le nécessaire» à son armée pour résister aux assauts russes à Soledar et à Bakhmout. 

Pertes importantes

Sans présenter de chiffres, Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne, avait reconnu auprès de l’AFP «des pertes significatives» de son côté dans cette «bataille sanglante», estimant qu’elles étaient «énormes» dans le camp adverse, ce que le ministère russe de la Défense n’a pas confirmé.

Signe de l’intensité de l’offensive russe, l’armée ukrainienne a indiqué avoir repoussé jeudi des attaques dans plus d’une dizaine de localités dans la région. «Il reste encore beaucoup de travail à faire», avait de son côté relevé face à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Pour mieux coordonner et appuyer ses assauts sur le terrain, le Kremlin a depuis deux jours un nouveau chef des opérations en Ukraine: le général Valéri Guerassimov, un militaire d’expérience qui est par ailleurs déjà à la tête de l’état-major des armées russes. 

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(AFP)

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