Publié

Carnet noirL'artiste-peintre fribourgeois Yoki est décédé

Yoki, alias Emile Aebischer, n'est plus. Le père du président de l'EPFL, Patrick Aebischer, s'est éteint lundi dans sa 91e année, à Givisiez (FR).

Yoki et son fils, Patrick Aebicher, en septembre 2011.

Yoki et son fils, Patrick Aebicher, en septembre 2011.

Keystone

L'artiste-peintre fribourgeois Yoki, alias Emile Aebischer, n'est plus. Il s'est éteint paisiblement lundi dans sa 91e année, dans la résidence pour personnes âgées du Manoir à Givisiez (FR), entouré des siens, dont son fils Patrick Aebischer, président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Son décès a été annoncé mercredi par sa famille et la direction de l'EPFL dans plusieurs médias. Poète de la lumière, Yoki a créé un millier de vitraux et contribué au renouveau de l'art sacré. Atteint dans sa santé depuis plusieurs années, ce paysagiste réputé ne pouvait plus exercer son art.

«Yoki a été un artiste complet, mais aussi un passeur», a déclaré la conseillère d'Etat Isabelle Chassot à La Liberté. Selon elle, «profondément attaché à son canton, il a célébré sa beauté à travers son art, et lui a beaucoup apporté par ses engagements, notamment au Musée d'art et d'histoire (MAHF) et au Vitromusée».

Non loin du lac de Seedorf (FR), il avait aménagé son atelier dans un moulin datant de 1741. Et même s'il ne pouvait plus peindre, il s'y est longtemps fait mener, toujours sensible au beau, aux couleurs et aux paysages.

Vie très active

Yoki naît le 21 février 1922 à Romont (FR). Dès 14 ans, en raison de la maladie de son père, il interrompt ses études pour gagner sa vie.

Après divers emplois, dont celui d'ouvrier dans une usine de verre, il devient dessinateur dans un bureau d'architecture. Ce poste l'amène à côtoyer les peintres romands Alexandre Cingria et Maurice Barraud ainsi que le cubiste italien Gino Severini.

Dans les années 1940, il découvre l'art des Nabis, un groupe de créateurs auquel appartenait Félix Vallotton et Pierre Bonnard, des artistes qui refusent l'académisme.

Homme de foi et heureux de l'être

Après la guerre, il fréquente l'académie du peintre français André Lhote, à Paris. Dès 1949, il se consacre principalement à la création de vitraux, dont ceux de la basilique de l'Annonciation à Nazareth en 1967.

Yoki a participé à la réfection de monuments endommagés par la guerre en Allemagne, en Grande-Bretagne, comme en France. Outre des fresques et des vitraux, il a réalisé maintes peintures, lithographies, mosaïques ou tapisseries.

La messe du dernier adieu sera célébrée vendredi, à 14h30, à la cathédrale St-Nicolas de Fribourg.

Vitraux de Yoki ornant l'église de Mézières

(ats)

Ton opinion