17.10.2020 à 16:47

France L’assassin du professeur décapité était un réfugié

Lors d’une conférence de presse, les autorités françaises ont dévoilé de nouvelles informations sur le profil du jeune homme qui a brutalement assassiné un enseignant vendredi vers Paris.

Le magistrat faisait un point sur l’assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, décapité alors qu’il rentrait chez lui après sa journée de travail.

Le magistrat faisait un point sur l’assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, décapité alors qu’il rentrait chez lui après sa journée de travail.

AFP

Le Russe d’origine tchétchène ayant décapité vendredi près de Paris un professeur qui avait organisé un débat dans sa classe où avaient été montrées des caricatures du prophète Mahomet, était présent légalement en France et bénéficiait du statut de réfugié, a expliqué samedi le procureur anti-terroriste.

«Inconnu des services de renseignements»

Le jeune homme, né le 12 mars 2002 à Moscou, «était porteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030 (...). De nationalité russe et d’origine tchétchène, il bénéficiait du statut de réfugié», a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse.

«Il était inconnu des services de renseignements», a-t-il ajouté, rappelant qu’il était en revanche connu des services de polices pour des faits de droit commun, mais jamais condamné.

Il résidait à Evreux, dans un autre département, et M. Ricard n’a pas précisé s’il avait à un moment fréquenté le collège Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, où travaillait la victime.

Le magistrat a précisé qu’un message de revendication posté sur Twitter juste après le meurtre, faisant le lien avec Mahomet, émanait bien de cet individu. «Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits», a-t-il déclaré.

Livré à la vindicte sur internet

Le magistrat faisait un point sur l’assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, décapité alors qu’il rentrait chez lui après sa journée de travail.

Le magistrat a par ailleurs confirmé que neuf personnes se trouvaient en garde à vue, dont le père d’une élève, qui avait désigné à la vindicte le professeur sur les réseaux sociaux.

Il a précisé que «la demi-soeur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et qu’elle fait à ce titre l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction anti-terroriste».

Depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France, qui a fait 259 morts avec ce professeur, plusieurs attaques ont été perpétrées à l’arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019, ou à Romans-sur-Isère en avril dernier.

Un militant islamiste en garde à vue

Un militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui, fait partie des neuf personnes en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la décapitation d’un professeur d’histoire dans les Yvelines, a-t-on appris samedi de source proche du dossier.

Interpellé samedi à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Saint-Honorine, le père d’une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Se présentant comme «membre du Conseil des imans de France, Abdelhakim Sefrioui», avait diffusé il y a quelques jours sur Youtube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur.

(ATS/NXP)

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