Cyclisme: Laurent Dufaux: «Le cyclo-cross ne doit pas être l'ennemi du VTT»
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CyclismeLaurent Dufaux: «Le cyclo-cross ne doit pas être l'ennemi du VTT»

Le président du comité d’organisation du cyclo-cross d'Aigle s'apprête à recevoir quelques-uns des meilleurs spécialistes ce dimanche, à l'occasion de l'unique manche romande de l'EKZ Cross Tour.

par
Stéphane Combe
Le cyclo-cross, sport de guerriers par excellence (EKZ Cross Tour)

Le cyclo-cross, sport de guerriers par excellence (EKZ Cross Tour)

Aigle organise ce dimanche et pour la deuxième année consécutive son cyclo-cross sous l'égide de l'EKZ Cross Tour. On annonce plus de 25 degrés, est-ce vraiment du cyclo-cross?

Bien sûr! Il ne faut pas nécessairement de conditions dantesques pour vivre de belles courses de cyclo-cross. On s'adapte au beau temps, même si on est habitué à composer avec des conditions bien plus fraîches et humides.

Plus sérieusement, est-ce que ça influence les différentes tactiques de course?

Elles seront beaucoup plus rapides, c'est certain. Plus serrées, aussi, ce qui n'est pas plus mal pour le suspense. Et il ne devrait pas y avoir de changement de vélo. Ce qui est plutôt rare pour la discipline!

Rappelez-nous justement les particularités de cette discipline méconnue.

Je peux citer les nombreux passages de course à pied, où l'on pousse ou porte le vélo. Les obstacles, naturels ou artificiels. De manière générale, le cyclo-cross est un sport intense, souvent dominé par de véritables spécialistes, comme les Belges ou les Néerlandais. Pour briller, il faut beaucoup d'explosivité, de résistance, d'expérience, de technique...

Du côté suisse, on se souvient des Zweifel, Richard, Frischknecht... et aujourd'hui?

On a perdu ces dernières années quelques-uns de nos meilleures coureurs, comme Julien Taramarcaz ou Arnaud Grand. Mais on voit un retour des jeunes, notamment grâce à la série EKZ qui leur permet de se mettre en valeur.

Justement, c'est la deuxième année qu'Aigle organise cette épreuve pour le compte de l'EKZ. Le tout dans le jardin de l'UCI. En quoi est-ce un contexte particulier?

C'est une jolie situation, puisque l'UCI a besoin de faire vivre le Centre mondial du cyclisme. Entre le cyclo-cross, les Trois Jours d'Aigle, la nouvelle piste de BMX, on voit une collaboration main dans la main qui bénéficie à toute la région.

Le cyclo-cross souffre-t-il toujours autant du succès du VTT?

Il faut reconnaître que l'avènement du VTT a fait perdre beaucoup de pratiquants au cyclo-cross. Mais l'un et l'autre ne doivent pas être ennemis. On peut même exercer les deux disciplines. On l'a vu avec Jolanda Neff, championne du monde de VTT, qui est venue à Berne pour y disputer le cyclo-cross... et qui l'a gagné.

Quels arguments donnez-vous aux jeunes pour commencer le cyclo-cross?

Il y a de vrais événements de qualité en Suisse tout au long de la saison pour venir s'imprégner de cette ambiance et s'en rendre compte par soi-même. C'est aussi le rôle des clubs que de promouvoir cette discipline, qui est particulièrement spectaculaire. Et cette année, on verra des Suisses se battre pour la gagne, comme Marcel Wildhaber, Nicola Rohrbach. Simon Zahner ou Lukas Flückiger.

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