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FootballLaurent Roussey déjà fêté en héros à Tourbillon

En à peine deux matches, Laurent Roussey a totalement relancé le FC Sion. Le public valaisan a rendu hommage hier soir à celui qu'il considère déjà comme le Messie.

par
Mathieu Aeschmann
Keystone

Dans le temps additionnel, le public de Tourbillon a choisi de célébrer celui qui lui a redonné le sourire: Laurent Roussey. Il faut dire qu'en deux semaines et autant de matches sous la direction du Français, le FC Sion a gagné deux fois, marqué à cinq reprises et, surtout, diffusé une étonnante impression de plaisir retrouvé. Alors forcément, hier soir, les acclamations et les éclats de rire viraient très vite à l'interrogation existentielle. Mais comment donc une équipe peut-elle à ce point changer de visage en si peu de temps?

«J'ai la réponse mais je vais la garder pour moi», répondit d'abord Beg Ferati après un long silence gêné. Quelques secondes plus tard, Vincent Rüfli bottait lui aussi en touche dans un style beaucoup plus joyeux. «Le coach? il a une baguette magique.» En deux phrases, deux des plus beaux talents de ce FC Sion venaient de tout dévoiler par le non-dit. Le groupe sédunois avait besoin d'air, de joie et de certitudes. Au point de ne plus croire au projet que portait Michel Decastel. Hier soir contre Lucerne, chaque course, chaque contrôle disait leur soulagement d'avoir changé d'horizon.

Une mi-temps de référence

Un instantané et une statistique pour illustrer le propos. Sur son premier ballon de relance, Vincent Rüfli prend l'espace, efface un adversaire et perce les lignes avant de trouver Assifuah (2e). La confiance en mouvement. Par la suite, le FC Sion frappera onze fois au but durant la seule première mi-temps. Avec comme point d'orgue, ce tir «ibrahimovesque» du jeune Ghanéen qui laissa David Zibung de marbre (3e).

«Je pense qu'il s'agit de notre meilleur mi-temps, reconnaissait Beg Ferati. On aurait pu marquer facilement trois ou quatre buts.» Pour lui donner raison, citons en vrac cette frappe vicieuse de Vidosic (16e), une combinaison Yartey-Rüfli (23e) puis cette frappe du même Rüfli au sortir d'un relais avec Assifuah (23e).

La barre de Rangelov

Seulement voilà, ce concert de louanges doit s'accompagner de quelques petites réserves. La première a pris la forme d'une magnifique reprise de volée de Dimitar Rangelov sur la transversale de Vanins (47e). Que serait devenu ce très bon match de Super League si le Bulgare avait trouvé la lucarne? La question prend même un tout autre relief lorsqu'on lui ajoute les sorties prématurées de Léo (genou) et Assifuah (mollet) dans le quart d'heure suivant.

Soudain déstabilisé, le FC Sion recula et Laurent Roussey décida de passer à cinq défenseurs pour faire le dos rond. Avec une grosse demi-heure à tenir, ce pari du hérisson - sans attaquant rapide pour jouer les contres - pouvait sembler risqué. Au final, il fut payant. Grâce à une accélération décisive d'Herea qui s'en allait piéger Stahel et plier le match (71e).

«C'est vrai qu'en début de seconde mi-temps, rien n'était simple, admettait Vincent Rüfli. Mais on a su rester solide avant que le 2-0 nous soulage.» Briller puis gérer dans un même match, voilà aussi quelque chose de nouveau sous le ciel de Tourbillon. «En battant GC et Lucerne, on a gagné le respect, notait finalement Beg Ferati. Les équipes ne vont plus venir ici avec la même attitude.» En deux semaines, le FC Sion a donc réappris à faire peur. Et cela vraiment change tout.

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