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PeopleLauriane Gilliéron: «Je suis vraiment déterminée»

Alors qu’elle a tourné aux côtés d’Al Pacino, rien n’arrête l’ex-Miss Suisse. Amours et carrière, elle nous dit tout.

par
Henry Arnaud - Hollywood

Adorable et ponctuelle, Lauriane arrive pile à l’heure de notre rendez-vous. L’ex-Miss Suisse a accepté de répondre à nos questions en faisant le point sur sa carrière et sa vie à Hollywood. Après l’épisode 100 de la série «Castle» récemment diffusé sur la RTS, Lauriane est la partenaire d’Al Pacino dans «Les derniers affranchis» («Stand Up Guys»).

«Les derniers affranchis» sort en DVD. Comment ça s’est passé avec Al Pacino?

Je suis très fière. C’est l’un des premiers grands films dans lequel j’ai de vraies répliques. J’ai souvent joué des personnages qui n’avaient rien à dire ou alors pas grand-chose.

Al Pacino a-t-il été gentil avec vous? Il a la réputation d’être dur sur le tournage.

Il a été charmant. Sa réputation vient du fait qu’il est très concentré. Entre deux scènes, il ne traîne pas sur le plateau mais va dans son coin pour préparer la séquence suivante. Avec moi, il a été gentil et prévenant. J’apparais dans une scène où son personnage sort de prison et va dans un bar. Il décide de draguer Allison, la fille que j’incarne. Et je devais l’envoyer balader en lui disant qu’il était trop vieux pour moi! J’étais un peu gênée au début.

Cela vous a demandé du courage?

Non, c’est le métier! Nous avons une autre scène qui a été coupée au montage. Je devais lui jeter un verre d’alcool à la figure. Nous avons refait la séquence plusieurs fois et je n’osais pas y aller trop fort même s’il n’y avait en fait que de l’eau dans le verre. C’est Pacino qui m’a poussée en me disant de ne pas avoir peur.

Quel est votre meilleur souvenir?

Le jour où ma mère, Monique, est venue sur la production. Les producteurs ont accepté que je l’emmène deux semaines avant de commencer à tourner moi-même. Al Pacino et Christopher Walken sont même venus la saluer.

Et les amours?

J’ai rencontré un Américain qui n’est pas du tout dans le showbiz. Il se moque de Hollywood. Cela me fait beaucoup de bien. Matt est pilote et il reprend des études.

L’avez-vous présenté à votre famille?

Bien sûr. Il est même venu avec moi en mars dernier pour le mariage de ma sœur adoptive, Florence.

Est-ce l’homme de votre vie?

Je ne me pose pas cette question. Nous sommes bien ensemble et nous partageons la passion des animaux. Nous faisons souvent des balades ou partons avec nos animaux à Big Bear, une station de sports d’hiver proche de L.A. J’éprouve souvent le besoin d’être au cœur de la nature. C’est mon côté suisse. Je ne peux pas vivre loin de la campagne et des montagnes. Matt a deux vieux pitbulls de 12 ans et j’ai adopté deux chats.

Pourquoi?

J’aime cet animal à la fois indépendant et affectueux. «Freddy» et «Léon» viennent d’un refuge dont je suis l’une des marraines. Je trouve primordial d’adopter au lieu d’acheter un chiot ou un chaton. Il y a tellement d’animaux abandonnés qui ont besoin de nous. Cela fait seulement six mois que «Léon» est entré dans ma vie. C’est un chat de 9 ans qui avait la queue cassée et dont le collier s’était incrusté dans la peau. Il était livré à lui-même dans les rues de Los Angeles. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’adopter, par peur qu’il soit euthanasié. Les premiers jours ont été difficiles. Il était assez sauvage.

Comment s’organise votre vie ici?

Mon quotidien est rythmé par les auditions. Je prends des cours de réduction d’accent une fois par semaine. Mon objectif est de pouvoir tourner en anglais sans avoir à jouer une étrangère. J’ai travaillé dans un restaurant durant un moment pour payer mes factures, mais j’ai arrêté car mes contrats récents à la télé comme au cinéma me permettent de m’en sortir. Il faut s’accrocher et se perfectionner, jour après jour. Je suis loin de considérer que j’ai réussi, mais je procède étape par étape sans baisser les bras.

Vous arrive-t-il de vouloir tout arrêter et rentrer en Suisse?

Non, je suis vraiment déterminée. J’ai récemment été contactée pour quelques projets intéressants. On m’a aussi choisie pour une campagne publicitaire très importante.

Avez-vous beaucoup d’amis suisses à Los Angeles?

Non, mais j’ai rencontré ma bonne étoile. Arlette, une Suissesse de 70 ans, est devenue ma seconde maman. Le neveu de cette dame m’avait envoyé un message sur Facebook après avoir lu une interview. J’expliquais mon désir de m’installer à L.A. où il avait vécu. Il m’a donné le numéro de téléphone de sa tante qui avait quitté la Suisse en épousant un Américain. Arlette m’a ouvert les bras et j’ai pu récréer une seconde famille.

Votre vraie maman n’est pas jalouse?

Au contraire car cette histoire est surprenante. Non seulement Arlette est Romande mais, en discutant ensemble, j’ai découvert qu’elle était originaire de Prilly. Mieux: la maison d’Arlette est à côté de celles de mes parents! Elle rentre en Suisse plusieurs semaines chaque été et nos deux familles sont devenues proches.

Votre petit frère, Baptiste Gilliéron, est aussi comédien en Suisse. Est-ce que cela vous plairait de rentrer tourner en Suisse romande?

Je n’ai jamais cherché à tourner chez moi. Mais je ne dirais pas non si la RTS me proposait quelque chose. Je suis superfière de Baptiste. Il a commencé à jouer au théâtre à 12 ans et n’a jamais abandonné. Que cela soit à la télé comme au théâtre, je sais qu’il se bat et qu’il est super doué pour la comédie.

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