Humeur - Lausanne: après les restrictions, les cochons sont de retour
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HumeurLausanne: après les restrictions, les cochons sont de retour

Le retour à la normale signifie aussi, hélas, le retour aux nuisances d’hier qui avaient été mises en parenthèses.

par
Eric Felley
Au petit matin du dimanche 9 mai, la pelouse de Vidy se révèle être une poubelle à ciel ouvert…

Au petit matin du dimanche 9 mai, la pelouse de Vidy se révèle être une poubelle à ciel ouvert…

Valdemar Verissimo

«C’est là qu’il faudrait des patrouilles de police au moment où les gens s’en vont…» Publiées par «20 minutes» et relayées par les réseaux sociaux, les photos prises au petit matin du dimanche 9 mai à Lausanne (Vidy) ont causé une avalanche de commentaires: «Bande de porcs», «C’est honteux», «Ça donne la nausée», «C’est en Suisse ça?» «Les gens ne sont pas éduqués», «C’est lamentable», «Quelle horreur!» «Affreux», «Choquant», «Marre de l’incivisme des gens», «On ne peut plus rien pour de tels abrutis», etc.

Effectivement, à la vue de ces images, on se demande ce qui se passe dans la tête des gens qui laissent derrière eux une pareille porcherie que devront nettoyer les employés communaux… jusqu’à la prochaine fois. De toute évidence, les nombreuses campagnes contre le littering ne servent pas à grand-chose, lorsque l’impunité est la règle. Probablement que les utilisateurs de ces espaces publics, pris séparément, laisseraient la place nette, ou que chez eux, ils sont très tatillons quand il s’agit de leur jardin ou de leur salon.

Mais dehors, l’effet de groupe est spectaculaire, comme si la règle était inversée. On peut parler ici d’un effet de meute qui induit ce comportement collectif d’enfants gâtés: de toute façon la bonne passe demain pour tout nettoyer! Un tel a commenté sur «Twitter» que certains «mériteraient d’être confinés à vie». À la sortie de cette pandémie, où l’on est resté chez soi en petits comités, le retour à la normale signifie aussi, hélas, le retour aux nuisances d’hier qui avaient été mises en parenthèses. Et qu’on s’était pourtant promis de ne plus produire dans «le monde d’après»… À lire les commentaires des gens, la tolérance s’est aussi émoussée durant cette période.

Selon les chiffres de la Ville de Lausanne, chaque année, 1700 tonnes de déchets sauvages sont ramassées par ses services, soit des milliers d’heures de nettoyage qui coûtent 16 millions de francs ou 110 francs par habitant. La ville a décidé de sévir depuis quelques années. Déposer ou jeter des déchets de take-away, papiers, débris, emballage ou autres vaut une bûche de 150 francs. Mais au bord du lac, combien faudrait-il de policiers, un samedi soir de beau temps, pour faire respecter les règles? Sans doute autant de monde que pour déloger les zadistes de la colline du Mormont!

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