RenensLausanne veut faire évacuer un jardin où dorment des migrants
Le bras de fer continue entre les autorités de Lausanne et de Renens et le «sleep-in» de Renens, où une cinquantaine de migrants dorment dans le jardin.

Patrick, requérant du Nigeria, s'exprime pour la RTS, à la sortie de la rencontre entre la ville de Renens et du service population du canton de Vaud, concernant l'avenir du "Sleep-in" et des migrants qui dorment dehors, devant la salle de spectacle de Renens. (Lundi 03 aout 2015).
Les communes ont demandé à l'association d'évacuer le jardin, en principe d'ici la fin de la semaine. «Les municipalités nous ont fixé un ultimatum. Nous sommes censés évacuer le jardin d'ici la fin de la semaine, mais nous n'en avons pas l'autorité, ni les moyens, ni la volonté», a expliqué ce lundi 3 août 2015 Marcin de Morsier, veilleur de nuit au «sleep-in».
Campement improvisé
Plusieurs dizaines de personnes - des requérants déboutés, des sans-papiers et des migrants qui ne savent où loger - s'installent chaque soir dans le jardin du lieu d'accueil. Ils sont actuellement une cinquantaine, après des pics à 60-70 il y a trois semaines.
Ils dorment par terre, sur des cartons ou matelas de récupération, dans un de ces sacs de couchage qui sont remis aux sans-abri. Des bâches ont été tendues pour former un abri de fortune. Un point d'eau et des WC chimiques ont été installés.
Les veilleurs du «sleep-in» insistent: ils n'ont en aucun cas voulu ou organisé une telle situation. «Nous répondons à une crise humanitaire», explique Marcin de Morsier. Selon lui, ces migrants sont là depuis longtemps et ont trouvé refuge, durant l'hiver, dans les abris PC ouverts par la ville. Depuis, ils sont à la rue.
Structure en danger
La ville de Lausanne, qui finance la structure avec le canton et est propriétaire des lieux, ne veut pas tolérer ce campement plus longtemps. «Il y a des problèmes d'hygiène et de sécurité. Il y a eu un souci avec un départ d'incendie. Des gens sont montés dans des chambres de femmes. La situation dans les jardins met en danger la structure», observe Didier Divorne, municipal de Renens, qui s'exprime au nom des deux municipalités concernées.
Le «sleep-in» est un des lieux d'accueil lausannois pour les sans-abri. Chaque soir, il propose un lit dans une chambre commune, une douche et un petit déjeuner pour cinq francs.
Pour des raisons humanitaires, la police de l'Ouest n'est jusqu'ici pas intervenue pour déloger des gens dans une situation précaire. «Mais on comprend que Lausanne veuille rétablir la situation», a ajouté le municipal de Renens. Une nouvelle rencontre était agendée lundi soir pour discuter du délai et des modalités de l'évacuation.