12.11.2020 à 06:13

AfghanistanL’Australie va enquêter sur de possibles crimes de guerre

Un procureur spécial va enquêter sur de possibles crimes de guerre perpétrés par les forces spéciales australiennes en Afghanistan.

Des commandos d’élite australiens furent déployés en Afghanistan aux côtés des États-Unis et de leurs alliés dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Des commandos d’élite australiens furent déployés en Afghanistan aux côtés des États-Unis et de leurs alliés dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

AFP

L’Australie a annoncé jeudi la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur des informations faisant état de possibles crimes de guerre perpétrés par les forces spéciales australiennes contre des civils et des prisonniers en Afghanistan.

Le Premier ministre australien Scott Morrison, citant des accusations de «manquements graves et peut-être criminels», a pris cette décision pour que cette affaire soit réglée en Australie, afin d’anticiper toute saisine éventuelle de la Cour pénale internationale (CPI). Des commandos d’élite australiens furent déployés en Afghanistan aux côtés des États-Unis et de leurs alliés dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Depuis, les médias australiens se sont faits l’écho de nombre d’accusations très graves contre les forces australiennes, qu’il s’agisse du cas d’un homme qui aurait été abattu pour faire de la place dans un hélicoptère, ou de la mort d’un enfant de six ans lors d’un raid contre une maison. Le gouvernement avait initialement cherché à fermer les comptes de lanceurs d’alerte faisant état de ces accusations, alors que la police s’en prenait aux journalistes d’investigation les relayant.

De son côté, l’Inspecteur général des Forces de défense australiennes a mené pendant quatre ans une enquête sur «les rumeurs et allégations» de «possibles atteintes au droit de la guerre». Ces investigations ont permis d’identifier 55 incidents distincts liés au meurtre illégal de «personnes qui n’étaient pas des combattants ou qui n’étaient plus des combattants», ainsi qu’à des «traitements cruels». Scott Morrison a précisé qu’une version rédigée du rapport de l’Inspecteur général serait rendue publique dans les prochains jours.

«Afghan files»

La nomination d’un procureur est une nouvelle étape dans la judiciarisation de ces accusations. Elle pourrait déboucher un jour sur des poursuites contre des membres des forces armées. «Les hommes et les femmes engagés ainsi que les forces de défense actuelles et passées partagent les attentes et les aspirations des Australiens quant à nos forces de défense et à la façon dont elles mènent leur mission», a déclaré Scott Morrison.

«Cela exige que nous fassions face aux vérités honnêtes et brutales, si les attentes et les standards n’ont pas été respectés», a-t-il dit. Il a ajouté qu’un panel indépendant avait été mis en place pour améliorer la culture au sein des forces armées. L’affaire avait éclaté en 2017, quand la chaîne publique ABC avait publié les «Afghan files», une série d’enquêtes qui accusait les forces australiennes d’avoir tué des hommes non-armés et des enfants en Afghanistan.

La police avait en riposte ouvert une enquête sur deux journalistes d’ABC, Daniel Oakes et Sam Clark, soupçonnés d’avoir eu en leur possession des informations classifiées. Une perquisition avait même eu lieu l’an passé au siège de la chaîne à Sydney, avant que l’enquête ne soit classée.

(AFP/NXP)

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