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TessinL’auteure présumée de l’attaque à Lugano voulait se rendre en Syrie

La femme qui aurait agressé deux personnes à l’arme blanche mardi après-midi dans un commerce de Lugano a essayé de se rendre en Syrie en 2017 pour rencontrer un terroriste djihadiste.

La porte-parole de Fedpol Katrin Schmitter livre quelques informations sur l’auteure présumée de l’attaque à Lugano.

Keystone

L’auteure présumée de l’attaque au couteau mardi après-midi à Lugano voulait se rendre en Syrie en 2017 pour voir un djihadiste, a indiqué mercredi l’Office fédéral de la police sur Twitter. Elle a cependant été arrêtée à la frontière turco-syrienne.

La suspecte était tombée amoureuse d’un combattant djihadiste, a précisé Fedpol au sujet de cette attaque terroriste présumée. Elle avait tenté de se rendre auprès de lui en 2017, avant d’être arrêtée à la frontière turco-syrienne, puis renvoyée en Suisse.

Cette femme âgée de 28 ans, soupçonnée d’avoir attaqué deux femmes dans un grand magasin de Lugano mardi soir, souffrait de problèmes de santé mentale, a ajouté Fedpol. Elle avait été admise dans un établissement psychiatrique à son retour en Suisse. Elle n’a pas été impliquée dans des enquêtes de Fedpol en lien avec le terrorisme depuis 2017.

Norman Gobbi, le président du Conseil d’Etat tessinois, a regretté mercredi dans le 12h30 de la RTS que le système législatif ne permette pas de placer sous contrôle voire d’enfermer des personnes à titre préventif. Selon lui, les directeurs cantonaux de la justice ont déjà demandé de renforcer les lois fédérales en ce sens, «parce qu’on doit aussi avoir les instruments pour intervenir en prévention».

Maîtrisée par des clients

Pour rappel, l’auteure présumée a tenté mardi après-midi d’étrangler à mains nues une première femme avant d’en blesser une deuxième au cou avec un couteau, dans un grand magasin de Lugano. Une des victimes est grièvement blessée, mais ses jours ne sont pas en danger. L’assaillante a été maîtrisée par d’autres clients du magasin avant d’être arrêtée par la police.

Soupçon de tentative de meurtre et de lésions corporelles graves ainsi que violation de l’article 2 de la loi fédérale interdisant les groupes «Al-Qaïda» et «Etat islamique» et les organisations apparentées: tels sont les motifs retenus par le Ministère public de la Confédération (MPC) dans sa procédure pénale à l’encontre de l’auteure présumée. Le MPC a en outre indiqué à Keystone-ATS que la jeune femme se trouve en détention provisoire.

Connue des services de police

La femme est connue des services de police, ont déclaré mardi soir le commandant de la police cantonale Matteo Cocchi et la directrice de FedPol Nicoletta della Valle lors d’un point de presse à Bellinzone. Il s’agit maintenant de déterminer si l’auteure des faits a un lien avec l’organisation terroriste État islamique (EI). Il encore trop tôt pour en savoir plus.

Sur Twitter, FedPol a toutefois précisé que l’auteure était apparue dans une investigation policière de 2017 en lien avec le terrorisme djihadiste.

Matteo Cocchi a souligné que la menace du terrorisme est omniprésente. Il est important de réagir rapidement et c’est ce qui a été fait. L’enquête sur ce cas sera menée par FedPol, qui a annoncé parallèlement sur twitter l’ouverture d’une procédure pénale.

Motif terroriste soupçonné

Nicoletta della Valle soupçonne un motif terroriste derrière l’attaque, a-t-elle affirmé lors du point de presse, auquel elle participait par visioconférence. «Cette attaque ne me surprend pas», avait-elle déclaré. Ce genre d’actes survient partout dans le monde.

Nicoletta della Valle a évoqué l’autre affaire de ce type en Suisse, à savoir le meurtre à l’arme blanche d’un ressortissant portugais de 29 ans, commis à Morges (VD) le 12 septembre dernier. Le cas fait actuellement l’objet d’une enquête dans un cadre terroriste présumé.

Appel de Sommaruga

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a téléphoné au président du gouvernement cantonal Norman Gobbi pour exprimer sa sympathie aux femmes touchées et au peuple tessinois, ainsi que pour les assurer du soutien de la Confédération, indiquent ses services à Keystone-ATS.

Sur Twitter, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné «l’attaque terroriste islamiste de Lugano». Ses pensées sont avec les victimes et il assure la Suisse de son soutien «en ces temps difficiles». Nous tiendrons tête ensemble en Europe au terrorisme islamiste et nous défendrons nos valeurs, a-t-il ajouté.

Début novembre, quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans un attentat à Vienne. À l’origine de cette attaque, un «sympathisant» de l’État islamique qui avait tenté de rejoindre la Syrie.

Deux Suisses de 18 et 24 ans avaient été arrêtés près de Zurich après l’attentat de Vienne parce qu’ils avaient des liens avec l’auteur de l’attaque et étaient connus des autorités suisses dans le cadre de procédures pénales liées au terrorisme.

La Suisse n’a pas connu d’attaques d’extrémistes djihadistes d’envergure, comme cela a pu être le cas chez les voisins français.

(ATS/NXP)

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