Automobilisme - L’avenir de la F1 se joue samedi
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AutomobilismeL’avenir de la F1 se joue samedi

L’annonce est pratiquement passée inaperçue à Spielberg, mais la réunion qui se tient samedi au circuit est capitale pour la discipline. Moteurs hybrides ou à hydrogène?

par
Luc Domenjoz

Vettel vote pour un changement rapide

La Formule 1 s’est toujours vantée de représenter la crème de la crème en matière de technologie. Ses moteurs hybrides, il est vrai, sont de petits bijoux, minuscules (plus petits que ceux de bien des voitures de tourisme), mais dont on extrait des puissances folles: on tire plus de 1000 chevaux de leurs six cylindres hybrides de 1.6 litre.

En course, leur consommation est plafonnée à 105 kilos d’essence, alors que les monoplaces en consommaient plus du double il y a quelques années.

Sebastian Vettel, vendredi en Autriche.

Sebastian Vettel, vendredi en Autriche.

Getty Images

Mais cela ne suffit pas. Comme le reconnaissent certains pilotes, dont Sebastian Vettel, la Formule 1 doit faire mieux. Beaucoup mieux: «Il existe un plan pour rendre la F1 plus écologique dès 2030», avance le quadruple champion du monde. «Mais on devrait un peu moins planifier et agir plus vite. La F1 compte des centaines d’ingénieurs qui sont autant de forces d’innovation. On devrait passer aux carburants bios et se préoccuper de rendre la discipline durable. Maintenant. »

Réunion samedi

Les autorités de la F1 se réunissent samedi, après les qualifications, pour décider quels seront les moteurs qui propulseront les monoplaces dès 2025. Tout est ouvert. Pendant un temps, il a été question de moteurs à hydrogène (qui rejettent de l’eau, et non plus du CO2), ou de moteurs 100% électriques.

Mais depuis, cet élan d’innovation est retombé. Les écuries se sont plaintes des coûts énormes qu’impliquerait l’étude de nouveaux moteurs, et il semble que la F1 va rater une occasion unique de montrer l’exemple en misant sur l’hydrogène.

La réunion de samedi comptera pourtant de nombreuses personnalités capitales: John Elkann, le président de Ferrari, Luca de Meo, celui de Renault et Ola Källenius, le PDG de Daimler (Mercedes) seront présents, accompagnés du PDG de Porsche (Oliver Blume) et du directeur de la recherche d’Audi (Markus Duesmann), deux marques qui ne sont pas, pour l’instant, présentes en F1 mais qui pourraient y venir si le projet les séduit.

Les rumeurs veulent désormais que cette réunion décide d’une nouvelle formule de moteur hybride, similaire aux moteurs actuels, mais avec, probablement, un peu plus d’importance à la partie électrique.

La montagne promise risque ainsi d’accoucher d’une souris. Dommage. La seule concession qui risque d’être acceptée par les constructeurs est de passer aux carburants 100% bios, comme Jean Todt, le président de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) le souhaite.

Honda dément

Il y a quelques jours, Toto Wolff, le patron de Mercedes, s’est étonné de la puissance du nouveau moteur Honda qui avait été monté sur la Red Bull de Max Verstappen à partir de Bakou – et qui permet au Batave une vitesse de pointe nettement plus élevée qu’auparavant.

Puis c’est Lewis Hamilton qui s’est fendu d’un commentaire évoquant une «évolution» du moteur Honda (toute évolution étant interdite par le règlement, qui ne tolère que des changements pour leur apporter plus de sécurité ou de fiabilité).

Vendredi, Toyoharu Tanabe, le patron de la compétition de Honda, s’est gentiment moqué de ces remarques. «Si notre moteur était vraiment plus puissant qu’avant, j’en serais très heureux», lâchait-il avec malice. «Nous avons simplement changé des pièces pour obtenir plus de fiabilité, ce qui permet désormais à nos pilotes d’attaquer un peu plus, de régler le moteur avec plus de puissance. C’est normal. Et je rappelle que tout changement de pièce doit être soumis à l’approbation de la FIA. »

Red Bull contre Mercedes: avantage Hamilton

Dans leur match, les Red Bull roulaient deux dixièmes au tour plus vite que les Mercedes, le week-end dernier sur ce même circuit de Spielberg. Vendredi, au terme de la première journée d’essais, c’est au contraire Lewis Hamilton qui s’est classé deux dixièmes devant Max Verstappen.

Ce qui n’impressionne guère le Britannique: «Je sais qu’ils (ndlr: les pilotes Red Bull) en ont en réserve. On a bien progressé aujourd’hui, mais ce ne sera pas suffisant pour nous qualifier devant eux. Ils ont presque une espèce de mode de qualification, comme celui que nous avions autrefois sur nos moteurs (ndlr: et qui est désormais interdit). Je ne sais pas comment ils font ça. Mais je ne me fais aucune illusion, nous serons probablement derrière sur la grille de départ. »

Chez Mercedes, après avoir essayé le week-end dernier des réglages décrits comme «wacky» (farfelus), on en revient à une version plus classique de la W12 qui devrait mieux convenir à ses pilotes.

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