Football - L’avenir du club leur pèse sur les épaules
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FootballL’avenir du club leur pèse sur les épaules

Les jeunes joueurs deviennent des arguments dans la machine marketing de grands clubs. Ansu Fati et Pedri en font les frais. D’autres avant eux en ont beaucoup souffert.

par
Rebecca Garcia
Ansu Fati a marqué à l’occasion de son match de retour, 10 mois après sa blessure.

Ansu Fati a marqué à l’occasion de son match de retour, 10 mois après sa blessure.

AFP

Le gamin entre en jeu en Liga à l’âge de 16 ans et 198 jours. 23 jours plus tard, il devient le plus jeune joueur du Barça – et troisième au monde – à faire ses débuts en Ligue des champions. Ansu Fati est un diamant brut aux yeux du Barça, qui n’hésite pas à le mettre en avant.

Il faut dire que le jeune Espagnol est prometteur et montre un réel sens du but. Son président Joan Laporta en parle comme de la relève et lui a même confié le numéro 10, anciennement porté par Lionel Messi. Ansu Fati a beau avoir du talent, a-t-il les épaules pour supporter un tel poids?

Le jeune attaquant revient d’une blessure au genou. Son absence forcée a duré une dizaine de mois, alors même que le FC Barcelone traversait une crise sans précédent. Elections d’un nouveau président, problèmes financiers et départ de Lionel Messi à cause de la gestion du club: c’est la crise chez les Blaugrana. Ansu Fati revient à la fois au meilleur et au pire moment.

La reconstruction est entamée et autant Pedri que lui font partie des bases sur lesquelles l’équipe peut se fonder. La limite entre le soutien et le poids qui repose sur les épaules est cependant très fine, et le Barça a des antécédents en la matière. «Le numéro 10 est une sorte de pression. Si vous êtes dans un des meilleurs clubs, vous devez l’endurer» tranche Ansu Fati.

Son prédécesseur Bojan Krkic avait très mal supporté la pression du club et des médias qui le présentaient comme le «nouveau Messi». «Tout est arrivé super vite. Footballistiquement tout allait bien mais pas personnellement, raconte-t-il au «Guardian». J’ai dû vivre avec cela et les personnes qui disaient que ma carrière n’a pas pris le chemin attendu.»L’ex-pépite espagnole souffre d’anxiété. Il a eu beaucoup de mal à gérer une attente bien trop grande, presque irrationnelle. Comment espérer que qui que ce soit soit le nouveau Messi? Bojan évolue aujourd’hui au Japon, et a retrouvé son ancien coéquipier Andrès Iniesta. Avant cela, il a porté les couleurs de l’AS Roma, de Stoke City ou encore de Montréal Impact. L’enjeu a été de comprendre qu’il devait jouer au football, et pas s’évertuer à imiter un joueur d’une autre planète.

Ansu Fati semble tenir le rythme, et devra le prouver durant toute la saison. L’Espagnol a toutefois les faveurs du public, puisque les supporters ont de l’attente mais aussi de la sympathie après sa blessure. La preuve: le joueur a été largement applaudi lorsqu’il est allé s’échauffer dimanche après-midi contre Levante. Il a prouvé au public qu’il pouvait remplir le rôle d’attaquant à merveille en inscrivant son but au tableau d’affichage une dizaine de minutes après être entré en jeu.

L’amour est tout aussi fort pour Riqui Puig, le milieu de terrain catalan qui peine à avoir du temps de jeu avec Koeman. Le journaliste croate Domagoj Kostanjšak s’est lancé dans une explication du «cas Puig» sur Twitter.

Il estime qu’il s’agit d’un s’agit d’un des joueurs les plus précieux de La Masia, le centre de formation catalan. Ses statistiques en équipe des jeunes sont parlantes, et le milieu a une très bonne habilité à casser les lignes grâce à son positionnement. Le journaliste remarque tout de même quelques défauts, probablement les mêmes qui poussent le technicien néerlandais à lui préférer d’autres profils. Toujours est-il que Puig a longtemps été vendu comme le nouveau Xavi ou le nouvel Iniesta.

Les réseaux sociaux du FC Barcelone le mettent régulièrement en avant, et il représente ce style un peu «vieille école» de la Masia. Maillot rentré dans le short, petite carrure et sens de la passe: Riqui Puig n’est toutefois pas comme ses aînés. Il est lui aussi entré en jeu dimanche contre Levante, avec de bonnes touches de balle. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’être au niveau des anciennes gloires du Barça.

A chercher des nouvelles légendes, le Barça risque de leur brûler les ailes. Des pépites, il y en a à foison. Reste encore à savoir les gérer pour qu’ils passent de grands potentiels à véritables références de leur poste.

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