Automobile - L’avenir électrique de Bugatti confié au prodige croate Rimac
Publié

AutomobileL’avenir électrique de Bugatti confié au prodige croate Rimac

La société baptisée Bugatti-Rimac sera basée dans la capitale croate et sera dirigée par Mate Rimac, 33 ans, surnommé l’«Elon Musk des Balkans».

Mate Rimac en 2016.

Mate Rimac en 2016.

AFP

Bugatti, fabricant automobile centenaire, va passer sous le contrôle du jeune constructeur croate de «supercars» Rimac, chargé d’inventer à la mythique marque de bolides un avenir électrique avec le soutien et l’expérience de Porsche. Mettant fin à plusieurs mois de spéculations, Rimac et Porsche – filiale de Volkswagen – ont annoncé lundi leur alliance au sein d’une coentreprise, détenue à 55% par le constructeur croate.

La société baptisée Bugatti-Rimac sera basée à Zagreb et dirigée par Mate Rimac, âgé de 33 ans et surnommé par la presse l’«Elon Musk des Balkans». L’entité, dont Porsche sera actionnaire à 45%, devrait voir le jour au 4ème trimestre 2021. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé. Il s’agit d’une reconnaissance éclatante du travail accompli par l’entrepreneur croate et son équipe, devenus en quelques années l’un des leaders mondiaux des «supercars» électriques.

Mate Rimac a fondé son entreprise en 2009 et emploie aujourd’hui plus de 1000 personnes. Rimac Automibili a installé son usine à Sveta Nedelja, près de Zagreb, et fait le pari d’attirer les constructeurs en Croatie plutôt que de délocaliser sa production. En mettant la main sur le fabricant Bugatti, détenu par le géant Volkswagen, le constructeur croate va combiner «la forte expertise de Bugatti avec la grande force d’innovation de Rimac dans le domaine prometteur de la mobilité électrique», assure un communiqué commun.

À 400 km/h

«Rimac Automobili a connu une croissance très rapide et l’entreprise commune lui permet de franchir un nouveau cap», s’est réjoui Mate Rimac, cité dans le communiqué. Ce parfait germanophone qui a passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, où ses parents avaient fui le conflit déchirant l’ex-Yougoslavie, a fondé sa start-up «dans son garage» il y a douze ans, a-t-il rappelé lors d’une conférence de presse en ligne lundi. «Si on m’avait dit de quoi nous serions en train de parler aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru», a-t-il ajouté, assis aux côtés du PDG de Porsche Oliver Blume.

Accro des vitesses et du bricolage, c’est lors d’une course automobile qu’il avait décidé de transformer en voiture électrique sa vieille BMW, dont le moteur à essence venait de lâcher. Il lui avait installé des pièces détachées achetées sur Internet, puis d’autres inventées et fabriquées. Tout comme Bugatti, Rimac vend aujourd’hui à des prix mirobolants des «supercars» sportives pouvant atteindre plus de 400 km/h. Mais le constructeur croate dispose d’une longueur d’avance en matière d’innovation électrique. En plus de développer et de construire ses propres véhicules, Rimac propose des systèmes automobiles électriques aux grandes marques du secteur.

Il a présenté début juin une supercar à batterie électrique, la Rimac Nevera, dotée d’une puissance de 1914 chevaux, capable d’une vitesse de pointe de 412 km/h, ce qui la rend plus rapide que les voitures de Formule 1. Mate Rimac n’a pas précisé quand seraient lancés les premiers concepts de Bugatti à batterie, parlant d’un horizon «à moyen terme».

«Je vois Porsche comme un grand frère»

La Bugatti Chiron, référence qui compte parmi les automobiles les plus chères et rapides au monde, et la Rimac Nevera seront les deux premiers modèles produits par la future entreprise. En juillet 2018, Porsche avait fait son entrée au capital du constructeur croate avec une participation minoritaire de 10%, passée à 15% puis à 24% en mars dernier. «Je vois Porsche comme un grand frère, là pour nous aider et nous soutenir», a expliqué Mate Rimac à la presse.

«Bugatti apporte à l’entreprise commune une marque riche en traditions, des produits emblématiques, une clientèle fidèle et un réseau mondial de concessionnaires», a expliqué Oliver Blume, patron de Porsche qui sera membre du conseil de surveillance de la nouvelle entité. Volkswagen avait racheté Bugatti en 1998. La marque fondée en 1909 par le constructeur italien, Ettore Bugatti, dispose toujours de son usine historique située à Molsheim, en Alsace, dans l’est de la France, fief du constructeur depuis l’origine. La nouvelle entreprise va permettre de «garantir les emplois» du site de Molsheim, a assuré Oliver Blume. Bugatti-Rimac comptera environ 430 employés lors de sa création, quelque 300 au siège de la société à Zagreb et 130 sur le site alsacien.

(AFP)

Votre opinion

1 commentaire