L’aye-aye a un doigt pour se curer le nez jusqu’au larynx

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ZoologieL’aye-aye a un doigt pour se curer le nez jusqu’au larynx

Ce lémurien de Madagascar a une main très particulière avec un majeur si long qu’il peut atteindre le fond de ses cavités nasales pour collecter du mucus.

par
Michel Pralong

Le premier aye-aye filmé se curant le nez avec son doigt spécial.

Anne-Claire Fabre/Natural History Museum of London

Même si ce n’est pas trop poli, l’être humain a la capacité de se curer le nez avec ses doigts. Mais il n’est pas le seul. Ce comportement a également été étudié chez au moins une dizaine d’espèces de primates dont la plupart montrent également de grandes compétences dans le maniement d’outils.

Une étude, parue dans le «Journal of Zoology» et dirigée par Anne-Claire Fabre, des Musées d’histoire naturelle de Berne et de Londres, a passé en revue la littérature pertinente et les sources en lignes sur ce comportement. Ce qui a permis de découvrir la première observation d’un curage de nez record, celui effectué par un aye-aye.

L’aye-aye est un petit de 70 à 90 cm, queue comprise, qui fait la moitié de sa taille totale.

L’aye-aye est un petit de 70 à 90 cm, queue comprise, qui fait la moitié de sa taille totale.

Getty Images/iStockphoto

Sur une vidéo prise sur un de ces lémuriens vivant en captivité dans un sanctuaire en Caroline du Nord (le Duke Lemur Center), on le voit utiliser un doigt très particulier, un majeur long et squelettique, pour l’enfiler tout entier dans sa narine. Il se cure le nez et en retire le mucus qu’il lèche ensuite, une pratique nommée mucophagie. Jusqu’alors, les scientifiques pensaient que ce doit extra-long lui servait uniquement à aller chercher des larves dans des branches creuses, mais ils viennent de découvrir qu’il a donc un autre usage.

Les chercheurs ont pu réaliser une radio du crâne de ce petit animal, que l’on ne trouve à l’état sauvage qu’à Madagascar, et ont pu ainsi constater que le doigt va jusqu’au larynx.

Le doigt de l’aye-aye va vraiment très loin.

Le doigt de l’aye-aye va vraiment très loin.

Renaud Boistel

Avec cette nouvelle preuve, cela porte donc à 12 les primates (humains compris) capables de se curer le nez, ce que l’on nomme rhinotillexomanie. Pourquoi le font-ils? Pour soulager les irritations, pour renforcer le système immunitaire? Il faudra encore creuser la question pour le savoir. Reste que plusieurs espèces de primates ont également été observées utilisant des outils pour se curer le nez, ce qui laisse supposer que cela se produit chez celles qui ont de trop gros doigts pour fouiller leurs cavités nasales.

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