Conflit: L’Azerbaïdjan reprend un district voisin du Nagorny Karabakh
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ConflitL’Azerbaïdjan reprend un district voisin du Nagorny Karabakh

Il s’agit de la seconde des trois rétrocessions auxquelles l’Arménie doit procéder après le cessez-le-feu ayant mis fin à six semaines de combats meurtriers dans cette région disputée.

Des militaires russes patrouillent dans la région de Kalbajar le 24 novembre 2020.

Des militaires russes patrouillent dans la région de Kalbajar le 24 novembre 2020.

KEYSTONE

L’Azerbaïdjan a récupéré dans la nuit de mardi à mercredi le contrôle du district de Kalbajar, avoisinant le Nagorny Karabakh. Dans un communiqué, le ministère de la Défense à Bakou a indiqué que «les unités de l’armée azerbaïdjanaise sont entrées dans le district de Kalbajar le 25 novembre» en vertu de l’accord de fin des hostilités signé début novembre par l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Russie.

Situé entre la république autoproclamée du Nagorny Karabakh et l’Arménie, Kalbajar aurait dû être rétrocédé le 15 novembre mais Bakou avait reporté l’événement, évoquant des raisons humanitaires.

«Les travaux de génie ont été achevés pour assurer le déplacement de nos unités» et «les difficiles routes de montagne le long de l’itinéraire des troupes sont déminées et préparées pour être utilisées», a précisé mercredi le ministère de la Défense.

Maisons brûlées

En signant le cessez-le-feu, Erevan a accepté de rendre trois districts entourant le Nagorny Karabakh – Aghdam, Kalbajar et Latchin – qui échappaient au contrôle de Bakou depuis près de trente ans et une première guerre dans les années 1990.

Le district de Kalbajar, comme celui d’Aghdam rendu le 20 novembre et celui de Latchin qui doit l’être le 1er décembre, formaient jusqu’alors une zone tampon entourant le Nagorny Karabakh. Quatre autres districts formant ce glacis sécuritaire ont eux été repris militairement par Bakou.

Dans les jours précédant la rétrocession, l’AFP a vu les habitants arméniens abattre des arbres, récupérer les câbles électriques et même charger sur un camion des parties d’un barrage hydroélectrique.

«Ils brûlent (les maisons), les arbres sont abattus et les gens emportent tout», a déclaré à l’AFP un maçon de 53 ans, Gaguik Iakchibekian, expliquant que les Arméniens refusaient que des Azerbaïdjanais puissent habiter leurs maisons.

Soldats russes

À la fin de la première guerre pour le contrôle du Nagorny Karabakh en 1994, l’exode inverse s’était produit, la population azerbaïdjanaise fuyant alors ces régions repeuplées ensuite par des Arméniens.

L’accord de fin des hostilités, signé alors que la situation militaire était catastrophique pour l’Arménie, consacre la victoire de l’Azerbaïdjan et lui accorde d’importants gains territoriaux après six semaines d’un conflit ayant fait plusieurs milliers de victimes.

Il permet néanmoins la survie du Nagorny Karabakh, amputé d’une partie de son territoire, 2000 soldats russes de maintien de la paix étant déployés pour garantir le cessez-le-feu.

(ATS/NXP)

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