Football: Le 10 dans le dos, Alexis Antunes doit maintenant s’affirmer sur le terrain

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FootballLe 10 dans le dos, Alexis Antunes doit maintenant s’affirmer sur le terrain

Le Genevois de 22 ans a disputé 50 matches de Super League. Il a désormais l’ambition de s’imposer comme un élément qui compte pour Servette.

par
Valentin Schnorhk
Alexis Antunes a inscrit son premier but de la saison samedi dernier contre Grasshopper.

Alexis Antunes a inscrit son premier but de la saison samedi dernier contre Grasshopper.

BASTIEN GALLAY / LPS

Lui préfère dire que ça ne change pas grand-chose. Que le numéro 10 n’est pas regardé différemment des autres. Il y a dans le discours d’Alexis Antunes une certaine modestie. Elle est louable. Même si dans les faits, le meneur de jeu servettien raconte une histoire légèrement différente, un peu plus ambitieuse. Elle trace le destin d’un garçon qui a décidé de véritablement s’imposer en Super League, avec Servette, son club formateur qui se déplace à Lucerne ce dimanche (14h15).

Depuis cet été, le Genevois de 22 ans a donc hérité du numéro de maillot porté jusque-là par Alex Schalk. Et lorsqu’on sait ce que le 10 représente dans l’histoire du foot, difficile de ne pas y voir un signe. Antunes raconte le processus, lui qui portait le numéro 27 la saison dernière: «Des joueurs ont commencé à m’en parler. Miroslav Stevanovic a beaucoup insisté pour que je le prenne. Je lui ai proposé de le prendre lui, mais il ne le voulait pas. J’en ai alors discuté avec le staff, et ça s’est fait comme ça.» Qu’est-ce que cela dit sur ses motivations? «Je voulais montrer que je suis confiant, que je peux montrer mes qualités à tout le monde. C’est aussi une forme de confiance du club», note-t-il.

Mieux dans un Servette offensif

Celui qui a inscrit son premier but de la saison la semaine dernière contre Grasshopper revendique aussi un rôle dans l’animation servettienne. À l’heure où les Grenat ont engagé en quelques jours deux joueurs offensifs (Crivelli et Kutesa), il ne veut pas être oublié: «Je n’ai pas de crainte quant à ma place, assure-t-il. Cette concurrence est bonne à prendre pour l’équipe, parce qu’elle amène plus de qualité à l’entraînement. Elle sera saine. Je me donnerai à fond pour avoir ma place.»

Il commence peut-être à la trouver, dans une position plus conforme à ce qu’il a toujours été durant sa jeunesse: un numéro 10, comme le témoigne son numéro. «J’ai la chance d’évoluer plus dans l’axe, en 10 ou en 8, sur les derniers matches, se satisfait Antunes. L’entraîneur me laisse assez de liberté offensive pour pouvoir me projeter dans la surface et toucher beaucoup de ballons.» Alain Geiger acquiesce: «Contre GC, ce que nous avons très bien fait, tant avec Antunes qu’avec Stevanovic, c’est que lorsque Rodelin dézonait, il fallait que quelqu’un prenne sa place dans la surface. Cela a donné plus de complémentarité à l’équipe, toutes les zones étaient occupées.»

«Ces derniers matches, on a joué, on a eu le ballon, on a montré qu’on pouvait se créer des occasions et être dangereux et c’est là que je me suis senti le mieux»

Alexis Antunes, meneur de jeu de Servette

Cela suppose aussi un Servette plus tourné vers l’avant, à l’instar de ce dernier match. Antunes s’en réjouit. Ses meilleures performances correspondent à cette envie de jouer. «Il y a eu une amélioration dans mes performances au fil des matches, observe l’international M21. Au début de saison, il est vrai qu’on a eu une approche assez défensive et celle-ci ne correspond pas forcément à mes qualités. Mais sur ces derniers matches, on a joué, on a eu le ballon, on a montré qu’on pouvait se créer des occasions, être dangereux et c’est là que je me suis senti le mieux.» Non sans un bémol: «Je dois travailler sur mes points négatifs: au niveau des duels, je dois être plus solide, et également au niveau de la finition devant les buts. Je dois pouvoir créer des occasions, donner des ballons de but. Je peux faire plus là-dessus.»

L’inspiration Imeri

À 22 ans, rien n’est trop tard pour celui qui fut un temps prêté à Chiasso (en 2019-20). Même s’il pâtit de la comparaison avec son ex-coéquipier Kastriot Imeri, aux côtés duquel il a grandi à Servette. Même volée, mais éclosion plus tardive. «Je peux m’inspirer de lui, approuve Antunes. Même si nous ne sommes pas forcément le même type de joueur. Moi, je vais faire ma saison, je vais me donner le moyen de marquer des buts et de faire des assists, et on verra bien comment cela se terminera.»

Le moment est venu pour lui de passer un cap: contre Grasshopper, Alexis Antunes a participé à son 50e match de Super League. La fin de l’apprentissage, le début de l’affirmation. Avec le 10 dans le dos.

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