Automobilisme: Le 61e Rallye international du Valais à la trappe

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AutomobilismeLe 61e Rallye international du Valais à la trappe

Les organisateurs de la plus importante manifestation sportive automobile du pays ont exploré plusieurs chemins, en vain. L’édition 2020 a été annulée.

par
Jean-Claude Schertenleib
Les passionnés tireront un trait sur l’édition 2020 du Rallye international du Valais.

Les passionnés tireront un trait sur l’édition 2020 du Rallye international du Valais.

Keystone

Le couperet est tombé, définitif: la 61e édition du Rallye international du Valais (RIV), prévue du 15 au 17 octobre prochains, a été reportée d’une année; elle se déroulera du 21 ou 23 octobre 2021. En cause, bien sûr, la pandémie de Covid-19 et ses conséquences sur les plans sanitaire et économique. La décision a été mûrement réfléchie, jusqu’à ce que l’équipe organisatrice admette que pour assurer la survie du RIV à moyen et long terme, il n’y avait pas, il n’y avait plus, d’alternative.

Plusieurs éléments sont intervenus: «Premièrement, explique Cédric Borboën, le patron de l’organisation, nous avons su il y a environ un mois que nous ne pourrions pas bénéficier du site des Casernes, à Sion, la plaque tournante du rallye, non seulement au niveau sportif et administratif, mais également au plan commercial – animations, accueil des VIP, etc. Cette situation connue, les choses devenaient beaucoup plus compliquées. Ces dernières années, le week-end du rallye, les militaires en poste aux Casernes étaient disloqués, mais à cause du Covid, la Confédération interdit notamment l’utilisation des abris atomiques, dont les systèmes d’aération artificielle peuvent poser des soucis en termes de contamination. Dès lors, la mise à disposition des installations était impossible.»

Pas de déménagement provisoire à Martigny

Deux possibilités de remplacement ont ensuite été étudiées: «La Foire du Valais 2020 ayant été annulée, une opportunité existait peut-être à Martigny. Problème: tout le parcours du rallye a été imaginé pour qu’il revienne à chaque fois à Sion; si ce point central était déplacé, le kilométrage de routier aurait été beaucoup trop allongé. Nous avons aussi étudié une variante avec un parc d’assistance à huis clos à la place des Potences, à Sion, mais c’était compliqué à réaliser.»

‹‹Les amateurs de rallyes s’organisaient pour être le matin à Anzère, à midi aux Casernes et l’après-midi du côté de Crans››

Cédric Borboën, patron du Rallye international du Valais

Autre problème, la gestion du flux des spectateurs: «La F.I.A. (Fédération internationale de l’automobile) nous imposant un maximum de points publics sécurisés sur les spéciales, nous aurions été limités, jusqu’à il y a quelques jours, à 300 personnes par endroits. Or, on connaît la passion des amateurs de rallyes, qui s’organisaient pour être le matin à Anzère, à midi aux Casernes et l’après-midi du côté de Crans. Qu’auraient-ils fait plutôt que d’être confinés toute la journée à la même place? Ils auraient été voir ailleurs sur le bord des spéciales, hors des zones prévues pour eux; dès lors, garantir une sécurité totale devenait impossible», reprend Cédric Borboën.

L’aspect financier décisif

Enfin et surtout, l’équilibre financier de la manifestation, en respectant les différentes règles sanitaires, était menacé: «Nous avons revu notre budget, nous serions arrivés tout juste à un équilibre… si tout se passait bien. Mais le risque existait qu’un cas positif se déclare le vendredi matin dans le parc. Si un seul membre d’un équipage, d’une équipe d’assistance, mais aussi de l’équipe de l’organisation était soudainement touché par le Covid, nous devions immédiatement tout arrêter et rembourser les équipages, quand bien même le 99% des charges était déjà engagé. Ce risque, nous ne pouvions pas l’assumer.»

Rendez-vous, donc, en 2021. Sûr, Cédric Borboën? «Qui peut avoir des certitudes face à la situation actuelle? L’avenir du Rallye international du Valais n’est pas remis en question, mais si nous nous étions lancés malgré tout cette année et que l’épreuve avait dû être annulée au dernier moment, alors là oui, c’était la mort de notre manifestation.»

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