Basketball - Le basket suisse s’arme pour lutter contre le harcèlement
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BasketballLe basket suisse s’arme pour lutter contre le harcèlement

Swiss Basketball a réagi suite aux accusations de mobbing survenues au sein d’Elfic Fribourg. La Fédération annonce une série de mesures pour mettre en place un cadre plus sain.

par
Rebecca Garcia
Elfic Fribourg a remporté de nombreux titres ces dernières années (ici en 2018).

Elfic Fribourg a remporté de nombreux titres ces dernières années (ici en 2018).

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De nouvelles mesures vont venir assainir le basket suisse. Le monde du ballon orange est divisé depuis que l’entraîneur Romain Gaspoz est accusé d’avoir harcelé moralement plusieurs joueuses d’Elfic Fribourg. Le journal La Liberté y a consacré une enquête. La présidente du club Karine Allemann l’a contestée, et se dit persuadée que l’accusé est «une bonne personne et un excellent entraîneur». Elle, son club ou la ligue reconnaissent toutefois qu’il est nécessaire de mieux poser le cadre pour le bien du basket suisse.

Swiss Basketball a annoncé vendredi une série de mesures. Son président Giancarlo Sergi insiste sur l’importance de faire évoluer les choses dans le bon sens. «Il faut poser un cadre et permettre à un dialogue de se mettre en place», insiste-t-il. Sans vouloir prendre le parti ni de l’un, ni de l’autre, il précise que le rôle de sa Fédération n’est pas de mener l’enquête mais bien de veiller à ce que personne ne souffre de telles situations.

«Aujourd’hui il faut être à l’écoute, faire attention»

Giancarlo Sergi, président de Swiss Basketball

Le moment n’est donc pas de juger, mais d’agir. Pour cela, la faîtière du basket suisse annonce la création d’un groupe de travail pour améliorer l’intégrité et l’éthique dans le sport. Il prévoit aussi des rencontres avec les joueuses, les dirigeants ou encore les coaches du club au cœur de la tempête. «Il est important de noter que ces actions seront menées dans un esprit constructif et non accusateur», précise le communiqué.

Contactée, la présidente d’Elfic Fribourg accueille la médiation comme une bonne solution. «C’est important de comprendre d’où vient le décalage entre le ressenti des uns et des autres.» Karine Allemann admet n’avoir pas encore discuté avec les joueuses qui accusent leur ex-entraîneur. «C’est bien qu’elles puissent d’abord s’exprimer sans filtre devant la Fédération.»

Une nouvelle manière d’entraîner

Un autre levier important pour éviter que la situation ne se reproduise consiste à modifier la formation des entraîneurs. «Ce n’est plus possible de les former uniquement sur la partie technique, lâche Giancarlo Sergi. Aujourd’hui il faut être à l’écoute, faire attention.»

Les consignes à la dure, les noms d’oiseaux ou la «vieille école» ne trouvent plus leur place au bord du terrain. La formation des cadres va donc évoluer, pour intégrer un volet davantage humain. «C’est l’évolution qu’il manquait, après les améliorations au niveau technique et l’introduction d’une préparation mentale», affirme Karine Allemann. La présidente d’Elfic Fribourg est consciente qu’un entraîneur ne doit pas parler de la même manière à chacun de ses joueurs. «Il faudra trouver les bonnes personnes pour inculquer ces bases-là pendant les formations», estime-t-elle.

Le président de Swiss Basketball affirme que c’est une direction que prennent tous ses collègues. L’intégrité et l’éthique sont des notions importantes dans le développement de chaque sport. Elles s’inscrivent notamment dans la campagne «Are you OK» de Swiss Olympic. L’entité se focalise sur des situations délicates pour les athlètes, allant du harcèlement psychologique à la pression des résultats. «Nous avions déjà prévu de travailler là-dessus», souffle Giancarlo Sergi qui a vu les choses s’accélérer depuis un mois. De son côté, Karine Allemann espère désormais que ce futur espace de dialogue permettra à chacun d’avancer.

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