Football: Le Bayern Munich congédie un entraîneur, accusé de racisme

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Le Bayern Munich, qui s'apprête à affronter Lyon en demi-finale de la Ligue des champions mercredi, a congédié l'un de ses entraîneurs de jeunes, accusé de propos racistes, dans une affaire qui a déjà valu l'ouverture d'une enquête policière.

Le Bayern se serait bien passé de cette histoire avant sa demi-finale de Champions League.

Le Bayern se serait bien passé de cette histoire avant sa demi-finale de Champions League.

KEYSTONE

Le contrat a été résilié «à l'amiable» entre le club et cet entraîneur, dont le nom n'a pas été divulgué, a indiqué lundi soir le Bayern dans un communiqué. «Il s'agit du premier résultat d'une enquête interne actuellement en cours dans le centre de formation des jeunes du Bayern», a souligné le club, suggérant ainsi que d'autres mesures pourraient être prises à l'avenir.

Le patron du Bayern Munich, Karl-Heinz Rummenigge, s'était dit il y a quelques jours «furieux» après avoir découvert cette affaire, révélée par la chaîne de télévision publique allemande ARD. La chaîne a fait état de propos à connotation raciste tenus en ligne par un entraîneur d'une des sections de jeunes, dont le nom n'a pas été révélé et de plaintes notamment de parents des jeunes.

L'intéressé a d'abord assuré que ces extraits étaient des faux, avant d'admettre qu'il était bien l'auteur des messages mis en cause, selon les médias allemands. L'homme a été entraîneur des jeunes depuis 2003 et était depuis 2016 directeur sportif des équipes allant des catégories U9 à U15, des enfants et des adolescents, écrit l'hebdomadaire Der Spiegel, selon qui il a tenu des propos discriminatoires à leur encontre en matière «de couleur de peau, de nationalité, de religion» et contre l'homosexualité en général.

Ces propos «ne correspondent absolument pas avec les valeurs que le club défend», a fulminé la semaine dernière le patron du Bayern Karl-Heinz Rummenigge; après l'ouverture d'un enquête de la police munichoise.

Campagne anti-raciste

L'affaire est d'autant plus embarrassante que le Bayern aime à projeter une image de club très mobilisé contre le racisme et toutes formes de discrimination. En juin, peu après le décès aux Etats-Unis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier, toute l'équipe munichoise était arrivée à l'échauffement, avant des matchs importants, avec des t-shirts portant le slogan des manifestants anti-racistes aux Etats-Unis «Black lives matter» et l'inscription «Carton rouge au racisme».

Avant l'affaire Floyd, le Bayern avait déjà lancé en mars une grande campagne anti-raciste, à la suite d'incidents isolés dans les stades allemands.

L'histoire même du club est liée avec celle des discriminations. Fondée par des juifs allemands en 1900, le Bayern a été «aryanisé» à l'avènement du régime hitlérien en 1933, tous les dirigeants et joueurs juifs en étant exclus.

Considéré néanmoins par les nazis comme «le club des juifs», le Bayern a périclité pendant la guerre et il lui a fallu attendre deux décennies après le second conflit mondial pour redevenir une équipe de premier plan en Allemagne.

(AFP)

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