Actualisé 23.01.2019 à 18:52

ReconvilierLe bébé dans le sac poubelle était en vie à la naissance

Le procureur du Jura bernois a ordonné la mise en détention provisoire de la mère du nouveau-né et d'un homme, a priori le père de l'enfant. La maman a été placée en institution psychiatrique.

von
Evelyne Emeri
C'est près de la barrière du parking de la salle des Fêtes de Reconvilier que deux employés communaux sont tombés sur le sac contenant le nouveau-né.

C'est près de la barrière du parking de la salle des Fêtes de Reconvilier que deux employés communaux sont tombés sur le sac contenant le nouveau-né.

DR

L'affaire du bébé découvert sans vie jeudi passé, dissimulé dans un sac poubelle à l'entrée du parking entre la salle des Fêtes et la halle de tennis de Reconvilier (BE), connaît des développements majeurs. Des informations toujours aussi macabres que les faits connus jusqu'ici: l'abandon d'un petit être - vivant ou pas? - sur une place de parc comme un vulgaire déchet. Une nouvelle certitude se dessine désormais. «La petite fille était vivante à la naissance», confirme Christophe Gnägi, porte-parole de la police cantonale bernoise. Un élément capital dans ce qui pourrait bien être un néonaticide (ndlr. homicide commis sur un enfant né depuis moins de 24 heures).

«Ils se connaissent»

Le Ministère public régional Jura bernois-Seeland et les forces de l'ordre ont communiqué mercredi avoir interpellé deux personnes, confirmant ainsi la détention provisoire de la jeune maman, évoquée lundi par «Le Matin». Un homme a également été arrêté vendredi dernier quelques heures après la mère de la petite. S'ils sont tous les deux détenus sur ordre du procureur, seul l'individu a été incarcéré dans un établissement pénitentiaire. La jeune fille a, quant à elle, été enfermée dans une institution spécialisée. Son état pyschologique exige des soins tout particuliers.

Le lien entre cette femme et cet homme n'est pas précisé, ni d'où ils viennent, bien que l'usage d'un sac taxé Celtor, du nom de l'entreprise qui gère les déchets des 27 communes environnantes, penche fortement en faveur d'un duo vivant dans la région. Ce que suppute depuis le début le maire de Reconvilier, Daniel Buchser, de même que plusieurs habitants de la commune du Jura bernois. S'agit-il d'un couple? De deux amis? D'une très jeune fille et du papa de l'enfant? D'une très jeune fille et de son père ou de son frère? «Tout ce je peux dire, c'est qu'ils se connaissent. Nous devons protéger les personnes impliquées et respecter la présomption d'innocence», poursuit le communicant de la police.

Accidentel ou intentionnel?

Précisément, à ce stade, aucune mise en prévention n'a été prononcée par le Parquet, ni pour l'un, ni pour l'autre. «Nous avons pu auditionner la mère et l'homme, de même que des gens de leur entourage et des témoins, poursuit le porte-parole de la police, Christophe Gnägi, ce cas suscite beaucoup d'émotion. Nous faisons très attention à ce que nous divulguons.» Il y a pourtant un composante glaçante que le dernier communiqué distille prudemment et qui fera toute la différence pénalement: «Les examens médicaux-légaux ne sont pas encore terminés. Les premiers éléments semblent indiquer que l'enfant était en vie à la naissance».

«Oui, l'enfant était en vie à la naissance, concède par téléphone le chargé de communication des forces de l'ordre, mais on ne sait pas encore le temps exact qui s'est écoulé entre l'accouchement et la découverte du cadavre. C'est un nouveau-né, c'est correct.» Dans la mesure où l'enquête ne permet pas encore de déterminer comment la petite malheureuse a perdu sa courte vie, ni de connaître le rôle exact des deux protagonistes placés en détention provisoire, le Ministère public est dans l'incapacité de qualifier l'une ou l'autre infraction. Est-ce un geste de désepoir? Est-ce un déni de grossesse? Est-ce un accident? Est-ce intentionnel? C'est le point central de cette abomination. La réponse déterminera l'avenir de cette jeune femme, furtivement maman d'un bébé qui a fini poubellisé. Et de son complice présumé qui dort en prison.

evelyne.emeri@lematin.ch

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