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RussieLe bénéfice net de Gazprom accuse une forte chute

Le bénéfice net de Gazprom a chuté de 61% au 3e trimestre 2014. Les analystes s'attendaient à un plongeon encore plus marqué des profits du géant gazier russe, notamment en raison du conflit qui l'oppose à l'Ukraine.

ARCHIVES, Keystone

Le géant gazier russe Gazprom a publié jeudi un bénéfice net en chute de 61% mais meilleur que prévu au troisième trimestre 2014. Cette période a été marquée par une suspension des livraisons à l'Ukraine, l'un de ses principaux clients.

Le bénéfice part du groupe s'est élevé entre juillet et septembre 2014 à 105,7 milliards de roubles (1,4 milliard de francs). Le chiffre d'affaires a reculé de 6% par rapport à la même période un an plus tôt à 1133 milliards de roubles tandis que le bénéfice d'exploitation a augmenté de 9% à 358,9 milliards de roubles.

Les analystes s'attendaient à un plongeon encore plus marqué des profits du géant gazier russe, notamment en raison du conflit qui l'oppose à l'Ukraine.

Kiev a refusé l'augmentation des prix imposée après l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux il y a près d'un an. Face à l'accumulation des dettes gazières ukrainiennes, Gazprom a fini par couper ses livraisons en juin et n'a repris qu'en automne, au compte-gouttes, en vertu d'un accord provisoire valable jusqu'en mars.

«Le quatrième trimestre s'annonce bien pire pour le groupe, vu la chute des prix du pétrole et du gaz, ainsi que la dépréciation du rouble et l'absence d'éléments exceptionnels positifs» attendus, ont-ils prévenu.

Grosse provision de roubles

Au total, sur les neuf premiers mois de l'année, le bénéfice net a reculé de 35% à 556,2 milliards de roubles. Le chiffre d'affaires a en revanche augmenté de 6,2% à 4007 milliards de roubles par rapport à la même période en 2013.

Mais les profits ont été affectés entre autres par une provision de 83,9 milliards de roubles, passée en raison du conflit avec l'opérateur ukrainien Naftogaz.

Les ventes de gaz entre janvier et septembre sont en recul de 2% sur un an à 2084 milliards de roubles, sur fond de baisse des volumes à 317,1 milliards de m3 contre 339,8 milliards de m3 un an plus tôt. Vers l'Europe, elles sont quasi stables, la hausse des prix en roubles liée à la dépréciation de la monnaie étant compensée par la baisse des volumes.

En Russie et dans les autres pays de l'ex-URSS, elles sont en hausse, là aussi par un effet de prix malgré une baisse des volumes.

Dépendance au gaz russe

Gazprom, héritier du monopole gazier soviétique, tire l'essentiel de ses colossaux bénéfices de ses exportations de gaz vers l'Europe mais les relations sont plus tendues que jamais entre Bruxelles et Moscou sur le front gazier.

D'un côté les Européens cherchent à réduire leur dépendance au gaz russe et de l'autre Gazprom s'attache à trouver de nouveaux débouchés. 2014 a été en la matière une année-charnière avec la signature pour la première fois un contrat avec la Chine, où elle doit livrer du gaz par gazoducs à partir de 2018.

Le groupe public russe a par ailleurs annoncé en fin d'année une forte augmentation de ses relations avec la Turquie, vers laquelle elle va construire d'ici à fin 2016 un nouveau gazoduc à la place du projet South Stream vers le sud de l'Europe abandonné à la surprise générale fin 2014.

Gazprom espère faire de la Turquie le nouveau principal pays de transit pour ses livraisons vers l'UE, à la place de l'Ukraine actuellement.

(ats)

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