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CyclismeLe Bernois Gino Mäder gagne sur le Giro et revisite l’histoire

Gino Mäder (Bahrain-Victorious) a gagné la 6e étape du Tour d’Italie et virtuellement porté le maillot rose sur le Giro. Le Hongrois Attila Valter (Groupama-FDJ) a pris la tête du classement général.

par
Sport-Center
Le Suisse y a cru jusqu’au bout et il a bien eu raison.

Le Suisse y a cru jusqu’au bout et il a bien eu raison.

AFP

Vingt-trois ans après un certain Alex Zülle, Gino Mäder a dominé virtuellement le classement général du Tour d’Italie. Entre la Grotte di Frasassi et le sommet d’Ascoli Piceno, le Bernois, né à Aigle il y a 24 ans, est parti en échappée et a compté jusqu’à six minutes d’avance sur le peloton du maillot rose, porté alors par l’Italien Alessandro De Marchi. L’écart est tombé à moins de trois minutes avant l’ultime col de 15,5 kilomètres à 6% de moyenne.

Le Suisse était passé à quelques mètres de la victoire, il y a quelques semaines sur la 7e étape de Paris-Nice, avant d’être avalé par le glouton Primoz Roglic et avait ému la planète vélo. Cette fois, il n’a pas manqué sa cible. «Je savais que j'étais seul et que j'avais fait ce qu'il fallait pour distancer les autres coureurs présents dans l'échappée. J'ai forcément repensé à ce qu’il s'était passé avec Roglic et je ne voulais surtout pas célébrer trop tôt la victoire. Mais j’ai quand même fini par le faire», a souri la star du jour, à sa descente de vélo.

Car cette fois, c’est la victoire, enfin, qui l’a attendu au sommet. Le Bernois a devancé les cadors de la montagne de 12 secondes dans l’ordre: le Colombien Egan Bernal, l’Irlandais Dan Martin et le prodige belge Remco Evenepoel. Grâce à ce morceau de bravoure, Mäder est remonté à la 22e place du classement général.

Ce mouvement offensif osé et finalement couronné de succès a démontré une bien belle réaction de la part de la formation Bahrain-Victorious. L’équipe bahreïnienne avait perdu la veille, lors d’une étape plate comme la main, son leader Mikel Landa, à la suite d’une terrible chute dans les ultimes virages de la journée. Elle n’a pas eu le temps de se morfondre et a directement repris le chemin de l’attaque. Matej Mohoric a fait le travail dans la plaine et Mäder a fini le boulot en beauté dès que la route s’est cabrée.

«Mercredi avait été une triste journée, car on avait perdu notre leader Landa. Aujourd'hui, on s'est juste dit qu'on allait courir en son honneur, a lâché le Bernois. On a absolument tout mis dans cette échappée et Matej était très, très fort. Ce sentiment est tellement bon, après ce que nous avions vécu la veille... S'imposer ainsi, c'est beau!»

Gino Mäder a donc fini le travail de son coéquipier en beauté, lâchant les montagnards Dario Cataldo et Bauke Mollema à quelque quatre kilomètres de l’arrivée. Le Bernois a terminé en solo, non sans se retourner à de nombreuses reprises. Il a pu lever les bras pour la première fois de sa jeune carrière sur un grand Tour. C’est même son premier succès chez les professionnels depuis 928 jours et une victoire sur la 6e étape du Tour du Hainan, en Chine, le 28 octobre 2018.

Avec son épopée à l'avant, Mäder a aussi enfilé le maillot de meilleur grimpeur. Il est le 24e Helvète à s'imposer sur les routes italiennes, succédant à Silvan Dillier, vainqueur sur le grand Tour préféré des coureurs le 11 mai 2017.

En toute fin de journée, alors que les coéquipiers du favori Egan Bernal ont commencé à s'essouffler, le Colombien a pris les choses en main et attaqué à plusieurs reprises dans le final. Le vainqueur du Tour de France 2019 n’a pas créé de gros écarts, mais montré que ses maux de dos récurrents font désormais partie du passé. Il est remonté à la troisième place du général, derrière un surprenant Hongrois Attila Valter et Evenepoel.

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