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Cyclone PamLe bilan s'alourdit au Vanuatu qui appelle à l'aide

Alors que le bilan s'est alourdi à au moins 24 morts, le président de l'archipel a appelé la communauté internationale à l'aide. La situation est extrêmement difficile.

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Cinq jours après le passage du cyclone Pam, Vanuatu reste coupé du monde. (18 mars 2015)

Cinq jours après le passage du cyclone Pam, Vanuatu reste coupé du monde. (18 mars 2015)

Keystone
L'aide humanitaire commence à arriver à Vanuatu mais les associations d'aide internationale font face à un casse-tête logistique pour desservir l'archipel aux 80 îles, l'un des pays les plus pauvres de la planète. (18 mars 2015)

L'aide humanitaire commence à arriver à Vanuatu mais les associations d'aide internationale font face à un casse-tête logistique pour desservir l'archipel aux 80 îles, l'un des pays les plus pauvres de la planète. (18 mars 2015)

Reuters
A Tanna, près de 70% des logements ont été détruits par e cyclone. (18 mars 2015)

A Tanna, près de 70% des logements ont été détruits par e cyclone. (18 mars 2015)

Reuters

Le président du Vanuatu a appelé à l'aide la communauté internationale lundi après le passage dévastateur du cyclone Pam sur cet archipel du Pacifique Sud. Les associations humanitaires éprouvent pour l'heure les pires difficultés pour secourir les habitants. Le bilan s'est alourdi à 24 morts.

Baldwin Lonsdale, président de ce pays parmi les plus pauvres du monde, a expliqué, la voix étranglée par l'émotion, que les besoins étaient immenses. Le cyclone de catégorie 5 - la plus élevée - a ravagé l'archipel de 270'000 habitants vendredi, accompagné de rafales de vent supérieures à 320 km/h.

«Dans l'immédiat, il nous faut un soutien humanitaire, à plus long terme nous avons besoin d'une aide financière et d'assistance pour commencer à reconstruire nos infrastructures. Nous avons tout à reconstruire», a dit le chef de l'Etat au moment de quitter le Japon, où il participait à une conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes naturelles. «C'est un coup dur pour l'ensemble du pays».

Plusieurs pays ont d'ores et déjà répondu présent, tandis que des avions militaires français, australien et néo-zélandais ont débarqué dans l'archipel chargés de vivres.

Bilan alourdi

Le dernier bilan de l'ONU annonçait au moins 24 morts lundi. «Onze sont originaires de Tafea, 8 d'Efate et cinq de Tanna», a déclaré le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU dans un point de situation. Le dernier bilan officiel était de six tués et plus de 30 blessés, tous à Port Vila, capitale de cet ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides.

L'étendue exacte des dégâts et besoins dans les plus de 80 îles qui constituent l'archipel est difficile à mesurer. Les associations internationales expliquaient n'avoir aucun moyen de distribuer les vivres dans les îles les plus reculées. Il faudra des jours, disent-elles, pour réussir à atteindre chaque village rasé par la tempête et elles craignent désormais la propagation de maladies.

Il faut évaluer rapidement les besoins en eau potable, en toilettes portatives, en pastilles de purification de l'eau, a expliqué le directeur de l'ONG Oxfam pour le Vanuatu, Colin Colette.

100'000 sans-abris?

«La première urgence, c'était le cyclone, la deuxième urgence, ce sera les maladies si l'eau potable et les conditions d'hygiène sont insuffisantes», a-t-il dit. «Il y a vraisemblablement 100'000 sans-abris, les écoles sont détruites, les centres d'hébergement sont pleins, les cliniques et la morgue sont endommagées».

Pour le directeur de l'ONG Save the Children, Tom Skirrow, les conditions sont pires qu'après le super typhon Haiyan, qui a ravagé les Philippines en novembre 2013, faisant plus de 7350 morts et disparus. «J'étais là pour Haiyan et je peux vous dire à 100% que la logistique est bien plus problématique ici», a-t-il dit.

D'après Tom Skirrow, 15'000 habitants ont perdu leur logement dans la seule capitale. Le survol d'îles les plus excentrées a confirmé des dégâts, mais les ONG ne savent pas où en sont les habitants. «Je suis absolument certain qu'au moins 150'000 personnes ont été touchées de manière significative, et parmi elles, 75'000 sont des enfants».

Malaria et dengue

Charlotte Gillan, une soignante australienne qui habite le village de Tango, près de Port-Vila, a expliqué que sa maison s'était partiellement effondrée, ajoutant craindre les épidémies. «Avec toute cette pluie et les détritus qui abondent, il va y avoir la malaria et la dengue, la contamination de l'eau va provoquer diarrhées et vomissements. Les gens dépendent de leur potager pour manger, mais tout ça a disparu», a-t-elle expliqué.

Les associations préparent des vivres, mais il faudra vraisemblablement trois jours pour nettoyer les aéroports des îles reculées et pouvoir les distribuer. Les communications étaient toujours impossibles sur une grande partie de l'archipel même si l'aéroport de Port-Vila était de nouveau ouvert aux vols commerciaux lundi.

Les pays du Pacifique se considèrent en première ligne du changement climatique, les îles océaniques étant particulièrement exposées à la montée des eaux. Le président Lonsdale a estimé que le «changement climatique» avait «contribué au désastre». «Nous assistons à la montée du niveau de la mer, à la modification des schémas météorologiques», a-t-il dit.

D'après le Bureau des Nations unies de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), neuf pays du Pacifique ont été secoués par le cyclone à des degrés divers: outre le Vanuatu, les îles Salomon, Kiribati, Fidji, Tuvalu et la Papouasie-Nouvelle Guinée.

(AFP)

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