France: Le bizutage tourne mal, des victimes «humiliées» s'indignent
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FranceLe bizutage tourne mal, des victimes «humiliées» s'indignent

Le bizutage de 250 élèves infirmiers à Toulouse a suscité une virulente polémique en France, le ministre de l'Enseignement supérieur jugeant l'incident «intolérable».

par
J.Z/AFP

«Ce type de pratique dégradante est intolérable», a déclaré sur Twitter Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, à la suite du bizutage de 250 étudiants mercredi dernier au CHU de Toulouse (F).

Lors de ce «bizutage de grande ampleur», les élèves infirmiers se sont vus attachés par deux avec du scotch et aspergés avec «de l'eau, des œufs, de la farine», raconte une victime à l'AFP. «Puis c'était le ketchup, le vinaigre, la betadine, la mousse à raser, l'ail, la pâtée, des copeaux de litière pour lapin, la soupe de poisson [...] Je me sentais sale dans tous les sens du terme», témoigne-t-elle.

Certains étudiants se sont également vus forcer de chanter des chansons aux «propos dégradants», notamment sur la fellation. «Lorsqu’ils refusaient, des œufs leur étaient jetés dessus», peut-on lire dans un communiqué de la Confédération générale du travail (CGT).

«Plusieurs étudiantes ont mal vécu cette situation», qui a duré plus d'une heure, détaille le communiqué. Les jeunes filles, dont certaines étaient encore mineures, «tremblaient, d’autres ont clairement déclaré avoir été humiliées publiquement».

Des propos corroborés par le récit d'une victime à l'AFP. «C'était une ambiance d'humiliation. Il y avait vraiment un truc de domination, confie-t-elle. Ce n'était pas une situation réciproque, comme par exemple une grande bataille de lancer d'œufs entre promos.»

Le CHU dément avoir été au courant

«Terrorisée», cette dernière assure qu'il «est impossible qu'une seule personne dans l'école n'ait pas été au courant, vu le bruit que ça faisait». Et d'ajouter: «Comment a-t-on pu tolérer ça alors que depuis trois jours on n'arrête pas de nous parler des valeurs du soignant, de l'empathie, du respect?»

La CGT pointe elle aussi du doigt le CHU de Toulouse, affirmant qu'il était «au courant du fait que ça allait se passer et n'a rien fait». Contactée par l'AFP, la direction de l'institution dément cette information qui serait, selon elle, «contraire à la loi ainsi qu'aux valeurs hospitalières et soignantes».

La direction a toutefois ouvert une enquête interne pour que «la lumière soit faite sur cette situation».

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