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Langues nationalesLe «bon allemand» ne sera pas obligatoire au Conseil fédéral

Les médias alémaniques et les conseillers fédéraux ne seront pas forcés de parler «bon allemand». Le Conseil national a refusé mardi de donner suite à plusieurs initiatives parlementaires d'Antonio Hodgers (Verts/GE).

Les Conseillers fédéraux et les médias suisses allemands ne seront pas obligés de se plonger dans la langue de Goethe.

Les Conseillers fédéraux et les médias suisses allemands ne seront pas obligés de se plonger dans la langue de Goethe.

Keystone

Le premier texte, rejeté par 116 voix contre 46, voulait imposer la langue standard pour les émissions d'information, de débat et scientifiques. Pour Antonio Hodgers, qui s'est inquiété que le suisse allemand soit devenu une langue de pouvoir dans l'économie, la politique, les sciences et les médias, il en va de la cohésion nationale et la compréhension mutuelle.

Le pouvoir du dialecte

«Plus le dialecte prendra de place dans le pouvoir, plus les Romands et les Tessinois en seront exclus», a-t-il lancé, regrettant que la majorité des programmes de la SSR soient diffusés en dialecte. Une option justifiable, au yeux du Genevois, pour le divertissement, la culture et le sport mais pas pour les informations et la science.

Cette vision des choses n'est pas celle des Suisses alémaniques dont le dialecte est la véritable langue maternelle, a répliqué Kathy Riklin (PDC/ZH). Actuellement, dans les émissions importantes pouvant intéresser au-delà des frontières linguistiques, l'allemand est déjà la règle, a-t-elle rappelé. Mais le suisse allemand est aussi important pour la SSR afin qu'elle se distingue de la concurrence allemande.

Le National n'a pas voulu non plus imposer le «bon allemand» aux conseillers fédéraux lorsqu'ils s'expriment devant une large audience, comme ils le faisaient il y a 20 ou 30 ans, selon Antonio Hodgers. L'initiative a été rejetée par 149 voix contre 24.

Dans la foulée, le National a aussi refusé par 99 voix contre 66 de donner suite à une autre initiative du Genevois qui voulait que la priorité soit donnée aux langues nationales dans l'enseignement scolaire et pas à l'anglais. Le débat a déjà été mené, a rappelé Josiane Aubert (PS/VD): la loi assure une formation dans l'une des langues nationales même si elle n'est pas la première à être enseignée.

(ats)

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