Hockey sur glace: Le bon équilibre a été trouvé
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Hockey sur glaceLe bon équilibre a été trouvé

Ce soir (20h15), l’équipe de Suisse a rendez-vous avec son histoire en finale du mondial.

par
Grégory Beaud
Copenhague

Commençons par un petit flashback. Nous sommes le 13 mai dernier et la Suisse défie la Suède en phase de poule avec, pour la première fois, Roman Josi et Kevin Fiala dans son contingent. Débarqués le matin même de Nashville, les deux hommes ne sont là que pour s’acclimater. Une sorte de décrassage grandeur nature après un vol transatlantique qui peut laisser des traces. Dans ces conditions, l’équipe de Patrick Fischer reçoit une leçon de hockey durant une trentaine de minutes. Au tableau d’affichage, le score est de 0-3, mais il pourrait aisément être deux fois plus sévère. Au nombre de tirs, la Suisse est déclassée par son opposant: 7-29. Une déculottée.

A la lumière de ce petit rappel «historique», il est tout de même étonnant de constater que depuis, la Suisse n’a plus connu la défaite. France, Finlande et Canada se sont tous cassés les dents sur le bloc défensif suisse. Trois matches, cinq buts encaissés. Une fiche digne d’un finaliste de championnat du monde. Mais que s’est-il passé entre temps? Plusieurs choses:

1. Depuis, Patrick Fischer a pu compter sur un Roman Josi «fit». Et lorsqu’il est en santé, le Bernois compte parmi les meilleurs défenseurs du monde. Présent durant plus de 20 minutes par match, il a radicalement changé le visage de cette équipe. La redistribution des cartes dans l’arrière-garde (la ligne Diaz-Josi est fantastique) permet à chaque individualité de jouer dans un rôle plus en rapport avec ses capacités.

2. Depuis la leçon de dimanche dernier, le sélectionneur national a trouvé le bon équilibre entre velléités offensives et basses besognes défensives. Cette équipe de Suisse du début du mondial était très joueuse. Trop, peut-être. Si l’allant n’a pas été coupé, les responsabilités sont mieux réparties sur la glace. Il faut rendre hommage à Patrick Fischer et à la qualité de ses ajustements tactiques.

3. Enfin, si cette équipe dégouline de confiance, il n’y avait pas la moindre victoire de référence pour appuyer cet état d’esprit nouveau. Le succès contre la Finlande (et avec la manière!) a changé la donne. Il a validé tous les discours des internationaux. Il les a confortés dans la pertinence de n’avoir aucun complexe. Même contre la Finlande ou le Canada. Lorsque les Canadiens sont revenus au score durant la demi-finale (1-1), Grégory Hofmann a immédiatement redonné un but d’avance, sans que son équipe n’ait le temps de gamberger. Et au moment où leurs adversaires sont revenus à 2-3, aucun vent de panique n’est venu troubler la défense suisse.

Dès lors, la finale contre la Suède ne devrait en rien ressembler à la rencontre de dimanche passé. Ce soir, la troupe de Patrick Fischer pourra s’appuyer sur ce bon équilibre trouvé au cours de la dernière semaine pour tenter de chatouiller le Tre Kronor et remporter le premier titre mondial de son histoire.

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