Football: Le bon moment pour battre Young Boys?
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FootballLe bon moment pour battre Young Boys?

Sion ne part pas favori dans sa demi-finale de Coupe contre YB, ce dimanche (16h). Mais les Valaisans pourraient profiter de l’éventuelle fatigue physique et mentale du tout frais champion de Suisse.

par
Brice Cheneval
Christian Fassnacht (à gauche) au duel avec Ermir Lenjani.

Christian Fassnacht (à gauche) au duel avec Ermir Lenjani.

KEYSTONE

Sur le papier, le duel s’annonce déséquilibré. Après avoir échappé de justesse au barrage, Sion n’a pas la faveur des pronostics face à Young Boys, fraîchement sacré champion pour la troisième fois consécutive. Qui plus est, les Valaisans n’ont plus battu les Bernois depuis seize matches. Pire: ils restent sur quinze revers consécutifs face à ce même adversaire.

Malgré ce constat peu reluisant, le club de Tourbillon doit trouver des raisons d’y croire. L’une d’elles réside dans la forme physique et mentale des Jaune et Noir, assurés du titre depuis une semaine au terme d’une saison éreintante. «YB a dû batailler jusqu’au bout, son sacre a été durement acquis, note Johann Lonfat, auteur du doublé coupe-championnat avec Sion en 1997. À la simple vue de leurs scènes de joie, on remarquait à quel point ils étaient soulagés. Il est donc possible qu’il y ait de la décompression.» «Quand on est champion, on est sur un nuage, on ne doute de rien, et ça peut avantager Sion», abonde Oscar Londono, triple vainqueur de la Coupe avec Lausanne et Servette. Après tout même Bâle n’a réalisé «que» trois fois le doublé dans sa période faste (2010-2017).

«Quand on est champion, on est sur un nuage, on ne doute de rien, et ça peut avantager Sion»

Oscar Londono, triple vainqueur de la Coupe

La fraîcheur n’est pas le seul aspect qui pourrait éventuellement faire les affaires des Valaisans. «Cette demi-finale intervient à une date bizarre car la prochaine saison arrive très vite, fait remarquer Lonfat. Surtout pour YB, qui va devoir préparer le deuxième tour de qualification pour la Ligue des champions. Et comme nous sommes en période de transferts, certains joueurs n’ont peut-être plus la tête au club. Un Nsame, par exemple, doit commencer à avoir régulièrement son agent au bout du fil…»

Champion avec Grasshopper en 1996 et 1998, Alexandre Comisetti ne croit pas du tout à un potentiel contrecoup: «Il y a des équipes construites pour gagner et, depuis quelque temps, YB a cette ADN. Tous les joueurs en sont imprégnés. Et même, un deuxième trophée a encore plus de valeur que le premier car il assoie la domination d’une équipe. Je ne suis pas persuadé que Sion arrive en meilleure forme. Leur effectif est plus léger et ils ont fait énormément d’efforts pour arracher leur maintien.»

«Je ne suis pas persuadé que Sion arrive en meilleure forme. Leur effectif est plus léger et ils ont fait énormément d’efforts pour arracher leur maintien»

Alexandre Comisetti, double champion de Suisse avec Grasshopper

Sébastien Fournier, qui a mené Servette et Sion au titre dans les années 1990, ne dit pas autre chose: «Young Boys a quand même gagné contre Saint-Gall en clôture du championnat (3-1) et sa victoire en prolongation contre Lucerne, au tour précédent (1-2), montre qu’ils ont de la ressource et qu’ils ont faim. Si fatigue supplémentaire il y a, ce sera à cause de ces minutes en plus dans les jambes mais pas d’une décompression.»

Sion a aussi ses propres arguments

Pour espérer l’emporter, l’équipe de Paolo Tramezzani ne doit pas seulement compter sur une défaillance de son adversaire. Elle devra surtout montrer son meilleur visage. Sur ce point, nos quatre interlocuteurs se montrent confiants. Et ce pour plusieurs raisons.

«Sion va être motivé par la perspective de stopper cette série infernale de défaites contre YB», prédit Johann Lonfat.

Oscar Londono, lui, voit plutôt la motivation relever de l’ordre individuel: «Il y a plusieurs joueurs en fin de contrat, qui disputent peut-être leur dernier match avec Sion. Ils voudront se mettre en valeur, soit pour convaincre les dirigeants de leur en offrir un nouveau, soit pour séduire d’autres équipes.» Avant de poursuivre: «Ils peuvent surfer sur l’euphorie du maintien et l’engouement que génère la Coupe en Valais.»

Sébastien Fournier dresse un dernier argument en faveur des Sédunois: «YB a souvent réussi à Sion en Coupe, notamment en finale (ndlr: les Valaisans ont remporté quatre de leurs treize Coupes de Suisse contre Young Boys).»

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