Hockey sur glace: Le (bon) temps mort de Pat Emond

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Hockey sur glaceLe (bon) temps mort de Pat Emond

Le coach de GE Servette a su briser l'élan des Luganais en début de rencontre avant que Gauthier Descloux ne commence son récital.

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Sport-Center

On ne saura jamais finalement si ce temps mort demandé après 5'32'' par Patrick Emond a été décisif ou pas. Peut-être. Certainement. Car à ce moment-là, à la Resega, il n'y avait qu'une équipe sur la glace et ce n'était pas le leader du championnat: mais un Lugano aussi impressionnant qu'un ouragan qui venait d'ouvrir le score face à un GE Servette alors inexistant. Quine, on roulait pour le carton! Ce Québécois, qui n'était pas pris au sérieux dans le milieu au début du championnat, a certainement su trouver les mots justes pour recadrer sa troupe et serrer un ou deux boulons. C'est l'une des grandes qualités d'un bon coach. Comme celle de ne jamais s'affoler devant son banc. Il ne crispe pas ses joueurs, mais les pousse toujours en avant, à ne jamais baisser les bras, même par vents contraires.

Les Tessinois qui ont continué à pousser, pousser, pousser, ne marqueront plus un seul but. Au plus fort de la tempête, les Aigles, moins à l'aise que lors de leurs premières parties de la saison, ont su faire le dos rond. Personne ne triche dans cette jeune formation, tout le monde se sacrifie pour le bien de l'équipe, en se jetant sur des pucks, en bloquant des shoots. Qu'il s'appelle Tommy Wingels, Daniel Winnik, Eric Fehr, près de 2000 matches de NHL à eux trois, ou Deniss Smirnovs, le petit dernier, chacun se bat pour l'autre. Même en jouant mal, ce GE Servette, a finit, tant bien que mal, par laisser passer la rage. Et... l'épaule en prolongation, avec la baraka d'un leader qui sait aussi bien voler sur la glace que des points!

Deux anges gardiens

On ne saura jamais non plus que serait-il advenu si ce 6 septembre aux Vernets les Genevois n'avaient pas été battus 5 à 0 par Dusseldorf. Il faut parfois tomber aussi bas pour remonter à la surface. Cette sévère défaite lors de l'ultime match de préparation à une semaine de la reprise du championnat a eu l'effet d'une piqûre de rappel, en soudant encore plus ce groupe en or. Gauthier Descloux, qui a sorti le grand jeu ce vendredi à Lugano, en est convaincu. Avec Robert Mayer, Ge/Servette peut compter sur deux anges gardiens qui s'entendent à merveille. C'est aussi un plus indéniable. Que ce soit l'un ou l'autre, ils permettent à leurs coéquipiers de croire en leur bonne étoile à chacune de leur sortie, qu'ils soient dans un mauvais ou un grand soir. Et eux ils font actuellement le reste. C'est l'une des grandes forces de ce GE/Servette-là qui n'a pas fini de faire le buzz.

On ignore encore si Fribourg Gottéron, qui n'a pas eu un long déplacement au Tessin, ni un gros match avec une prolongation, saura, sans Julien Sprunger, profiter de la fatigue des Genevois ce samedi aux Vernets. Mais ce que l'on sait c'est que les Aigles, qui comptent quatre matches de plus et seize points d'avance sur les Dragons, ne vont pas prendre ce derby à la légère. Sinon, Patrick Emond reprendra un temps mort...

Christian Maillard, Lugano

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