Football: Le bonheur xamaxien n'est pas celui des autres

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FootballLe bonheur xamaxien n'est pas celui des autres

A Zurich, NE Xamax a obtenu un point heureux. A défaut de victoire, il se satisfait donc du peu qu'il grappille.

par
Julien Boegli
Zurich

Généralement, seul le succès est générateur de plein bonheur. Lorsque la victoire vous fuit bien plus souvent qu'elle ne vous accompagne, la notion de plaisir doit cependant être reconsidérée.

Dans un Letzigrund qui gronde, les Neuchâtelois ont pris un point pour la troisième fois en quatre journées. Celui-ci possède une valeur miraculeuse. En osant un spectaculaire retourné au bout du temps additionnel, Gaëtan Karlen a rappelé, au-delà de la beauté du geste, les valeurs qui animent le club rouge et noir. L'abnégation et le courage, ancrés dans ses gênes, qui lui permettent de laisser derrière au classement son hôte alémanique.

Le geste dangereux de Di Nardo

Car il en a fallu du courage pour se relever après une deuxième période qui a pris une vilaine tournure. D'abord, Pietro Di Nardo a mis son collectif dans le pétrin après avoir été exclu pour un geste dangereux sur Domgjoni. A peine revenu au jeu après son expulsion en ouverture de championnat à Thoune, le bouillant milieu de terrain, déjà établi en bonne place dans le classement mondial des joueurs les plus avertis de la dernière décennie, a récidivé.

Et sa sortie a pénalisé son groupe. A nouveau. Elle fut d'ailleurs l'élément déclencheur d'une fin de partie pénible. Mais dans son malheur, NE Xamax a également été chanceux. La faute de Djuric, initialement sanctionnée d'un coup-franc sur sa ligne des « 16 mètres » puis corrigée en penalty avec l'assistance de la vidéo, n'a pas porté à conséquence, Mahi expédiant un missile sur la tranversale de Walthert. Plus tard, juste avant que Karlen ne passe par là, c'est une lourde frappe de Kharabadze qui s'est écrasée sur l'angle des montants neuchâtelois.

Fait rare: Nuzzolo n'a pas marqué

Dans ce contexte, les hommes de Joël Magnin peuvent s'estimer heureux. Ceux de son homonyme Ludovic ont quitté leur antre la tête basse. Le manque de tranchant affiché dans le dernier geste, en première mi-temps comme lors de la dernière demi-heure, les a privés d'un succès qui n'aurait rien eu d'usurpé. La volonté d'entreprendre et de créer était néanmoins là. Pas en face, ou alors à de trop rares exceptions. Quand Xamax cherchait à construire sans balancer systématiquement de longs ballons sur Nuzzolo ou Seferi, c'est avec la quasi certitude de ne pouvoir s'approcher à moins de 20 mètres de la cage adverse.

Malgré les limites – créatives - qui sont les siennes et les écarts de conduite récurrents de certains de ses employés, il est tout de même parvenu à comptabiliser. Avec deux réussites qui ne sont l'œuvre, ni l'une ni l'autre, de Raphaël Nuzzolo, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

A l'issue de ce déplacement face à un concurrent qui avait fait de la victoire son unique projet dominical, tout n'est donc pas à jeter du côté neuchâtelois. Ils ont fêté ce point comme un succès. Parce que le succès, le vrai, n'est pas un terme d'usage courant pour eux.

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