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manifestationsLe bras de fer se poursuit en Ukraine

Des tirs de gaz lacrymogène ont fusé sur des manifestants réunis dans la capitale dimanche. Environ 100'000 contestataires se sont rassemblés pour réclamer le départ du président Ianoukovitch malgré l'interdiction des autorités.

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L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)

L'opposante Ioulia Timochenko a déclaré dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. (23 février 2014)

Keystone
Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)

Le clan du président déchu Ianoukovitch (photo) est visé par deux mandats d'arrêts, un contre l'ex-ministre ukrainien des Revenus Oleksander Klimenko et un autre à l'encontre de l'ex-procureur général Viktor Pchonka. (23 février 2014)

Keystone
Le président du Parlement Olexandre Tourtchinov devient président de l'Ukraine par intérim, en remplacement de Viktor Ianoukovitch, destitué samedi (23 février 2014).

Le président du Parlement Olexandre Tourtchinov devient président de l'Ukraine par intérim, en remplacement de Viktor Ianoukovitch, destitué samedi (23 février 2014).

Keystone

Des centaines de milliers de manifestants sont descendus dimanche dans les rues de Kiev pour réclamer le départ du président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Ils ont pris le contrôle de la mairie de la capitale ukrainienne, alors que des incidents ont fait une centaine de blessés près du siège du gouvernement.

Au lendemain de la dispersion par la police d'un rassemblement de l'opposition sur la place de l'Indépendance, quelque 350'000 manifestants pro-européens, selon l'agence Reuters, sont revenus dimanche sur cette place pour dénoncer le refus du chef de l'Etat de signer un accord d'association avec l'Union européenne.

«Le gouvernement et le chef de l'Etat devraient démissionner», a dit Vitali Klitchko, ex-champion de boxe reconverti en politique. «Ils ont volé notre rêve. Si ce gouvernement ne veut pas accomplir la volonté du peuple, alors ce gouvernement n'a plus de raison d'être, de même que ce président! Il y aura un nouveau gouvernement et un nouveau chef de l'Etat», a-t-il ajouté devant une foule enthousiaste.

L'opposant nationaliste Oleg Tiagnibok a de son côté annoncé que l'opposition occuperait cette place, emblématique de la «Révolution orange» pro-européenne de 2004, jusqu'au départ du pouvoir actuel. «A partir d'aujourd'hui commence la grève générale. La révolution a commencé en Ukraine!», a-t-il lancé devant la foule, hérissée de drapeaux ukrainiens et de quelques drapeaux européens.

Violents affrontements

Non loin de là, des affrontements dans le quartier gouvernemental ont fait une centaine de blessés parmi les policiers, a indiqué une porte-parole de la police. Ils sont notamment survenus devant le siège de l'administration présidentielle, gardé par les forces spéciales, et que plusieurs centaines de jeunes gens masqués ou cagoulés ont tenté de prendre d'assaut.

Les forces spéciales ont utilisé à plusieurs reprises des grenades assourdissantes et des gaz contre ces assaillants qui avaient amené un bulldozer, apparemment pour forcer l'entrée du bâtiment. Des journalistes ont également été blessés lors de ces incidents.

Les chefs de l'opposition ont nié tout lien avec ces incidents et dénoncé une «provocation». «L'opposition n'a aucun lien avec ce qui s'est passé devant l'administration présidentielle», a ainsi déclaré Arseni Iatseniouk, un proche de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. «Nous savons que le président veut proclamer l'état d'urgence dans le pays», a ajouté cet ancien ministre de l'Economie.

Etat d'urgence décrété?

Selon des sources gouvernementales citées par l'agence russe Itar-Tass, l'état d'urgence pourrait être décrété lundi, alors que Kiev doit accueillir jeudi et vendredi le conseil des ministres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les autorités ont déjà interdit samedi, jusqu'au 7 janvier, toute manifestation près des bâtiments gouvernementaux, notamment sur la place de l'Indépendance, mais les manifestants ont passé outre.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont condamné la violence des autorités ukrainiennes contre l'opposition. La Suisse a elle aussi appelé les autorités de Kiev à respecter le droit à manifester pacifiquement.

L'Ukraine, présidente en titre de l'OSCE, et la Suisse, qui doit lui succéder l'an prochain, «portent une responsabilité particulière pour la promotion de la démocratie et de l'état de droit» au sein de cet espace, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Ianoukovitch

à Moscou

De son côté, le ministre de l'Intérieur Vitali Zakhartchenko a prévenu que la police prendrait les mesures nécessaires en cas de troubles à l'ordre public. «La police ne peut pas se permettre de ne pas réagir. Voulons-nous suivre la voie de la Libye ou de la Tunisie ?», a-t-il dit.

M. Ianoukovitch a pour sa part promis de faire «tout ce qui est en (son) pouvoir pour accélérer le processus de rapprochement de l'Ukraine et de l'UE», mais sur une base d'égalité. Il a fait savoir dans le même temps qu'il se rendrait à Moscou après sa visite programmée en Chine cette semaine, pour y signer une «feuille de route de coopération».

(ats/afp)

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