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FootballLe Brésil bat la Croatie 3-1 avec l'aide de l'arbitre

La Croatie avait ouvert la marque suite à un autogoal de Marcelo (11e), mais le Brésil a réussi à renverser la vapeur. L'arbitrage, clairement favorable à la Seleçao, est déjà au centre du débat.

par
SI
Murad Sezer, Reuters

La Coupe du monde 2014 s'est ouverte à São Paulo par un scandale. Le Brésil, attendu par tout un pays, grandissime favori, s'est imposé 3-1 contre la Croatie grâce à un penalty inexistant transformé par Neymar, déjà auteur du 1-1.

Premier arbitre japonais à diriger un match d'ouverture du Mondial, Yuichi Nishimura s'est totalement fourvoyé en estimant que Lovren avait fait faute sur Fred. Neymar, lui, ne s'est pas privé d'offrir à la Seleção un succès qui, compte tenu de la domination brésilienne, n'est de loin pas illogique mais qui pose autrement plus de problèmes sur le plan moral.

Premier enseignement majeur de cette Copa: la technologie sur la ligne de but n'a absolument pas mis fin au débat sur l'arbitrage vidéo... Mais peu importe pour le public auriverde, tout à son bonheur de cette entame de tournoi réussie après s'être payé une sacrée frousse.

La peur s'installe

La peur est sournoise. Elle frappe sans prévenir, vous prend au ventre, vous coupe le souffle. Le phénomène est d'autant plus impressionnant quand il s'attaque d'un coup à quelque 60 000 personnes. Celles de l'Arena Corinthinas qui n'avaient presque toutes d'yeux que pour la Seleção.

Le public brésilien, tellement convaincu que cette Coupe ne peut échapper à la formation de Scolari, est redescendu sur terre après sept minutes de jeu seulement. Après un centre de Perisic côté droit repris de la tête par Olic, lequel a manqué le cadre de peu. Impensable mais vrai: la Croatie s'est créée une occasion. Impensable mais vrai: la Croatie pouvait gagner ce match.

Car les Vatrenis (ardents) ont non seulement du coeur à revendre - quel travail défensif à gauche de l'attaquant Olic! - mais aussi un sacré talent balle au pied. Surtout la rampe de lancement Modric - Rakitic. Alors que la première occasion avait été initiée par une accélération du premier, l'ouverture du score, elle, a été amenée par le second, l'ancien Bâlois qui portera le maillot de Barcelone dès cet été. Rakitic, donc, a décalé à la 11e Olic, lequel a centré pour un Jelavic qui a raté sa reprise mais dont le geste a perturbé Marcelo, buteur contre son camp. Coup de froid à Sao Paulo sous une imposante lune rouge sang!

Oscar lumineux...

Le Brésil et ses quelques saillies saccadées se cherchaient alors un leader capable de ramener l'ordre pour progresser dans le jeu. Et cet homme-là fut Oscar, celui que la presse nationale estimait en méforme et qu'elle voulait éjecter du onze au profit d'un autre Blue de Chelsea, Willian. Ce même homme de 22 ans devenu père pour la première fois il y a moins de dix jours et qui avait ainsi dû quitter la base de l'équipe nationale pour assister à l'accouchement.

Volontaire, le stratège auriverde ne s'est pas économisé au moment de récupérer le cuir. Et il a incontestablement dynamisé l'offensive brésilienne, comme sur un centre dangereux pour Neymar et Fred (15e), une lourde frappe repoussée par le portier Pletikosa tentée par un Paulinho qu'il avait lui-même servi (21e) ou encore comme sur son propre tir enroulé obligeant là encore le gardien de Rostov à s'employer (22e). L'abnégation d'Oscar a fini par payer à la 29e, quand il a pu glisser le ballon à Neymar, au bénéfice de quelques mètres de liberté. Grave erreur: le Barcelonais a avancé, a fixé, s'est mis en position, a frappé et, avec l'aide du poteau, a égalisé. L'enfant chéri en est désormais à 33 buts en 50 sélections, alors qu'il n'a que 22 ans.... Il a dépassé Ademir et le légendaire Tostão pour revenir à hauteur de Ronaldinho, mais très loin encore des deux premiers du classement historique de la Seleção Pelé (79) et Ronaldo (62).

...et buteur

A noter, au passage, que c'était Oscar qui avait adressé le ballon à Fred sur l'action du penalty... Le stratège de Chelsea a incontestablement été l'homme du match. Mais ses partenaires n'ont, eux, pas toujours été à son niveau. Et, malgré l'ivresse de la victoire et le soulagement qu'elle induit, personne au pays du futebol n'est dupe: le Brésil a frisé le code.

Et sans un Julio Cesar attentif devant ses buts dans les dernières minutes (surtout sur des tentatives de Brozovic et Perisic), la Croatie aurait très bien pu égaliser. Juste avant le 3-1 de la 91e signé, bien évidemment, Oscar, parachevant la très belle soirée du lumineux no 10.

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