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FootballLe cabinet de curiosités de Servette avant le derby

Les Grenat se déplacent à Lausanne ce dimanche (16 h 30). On fait le point sur certaines choses bizarres. Ou pas.

par
Daniel Visentini
GC-Servette. Cvetkovic touche la balle du bras, c’est penalty? Non, ce sera main de Schalk après et but annulé. Une des nombreuses décisions (arbitre et VAR) qui ont pénalisé Servette cette saison.

GC-Servette. Cvetkovic touche la balle du bras, c’est penalty? Non, ce sera main de Schalk après et but annulé. Une des nombreuses décisions (arbitre et VAR) qui ont pénalisé Servette cette saison.

Eric Lafargue

Ce dimanche à la Tuilière, c’est jour de derby avec Lausanne qui accueille Servette. Un derby de plus. Et le cortège des interrogations qui accompagne ce match. Lausanne a cédé la lanterne rouge à Lucerne, Servette a mis fin à une série noire de cinq défaites consécutives: les deux équipes restent fébriles, toutes deux ont un impératif besoin de points, ce match, par-delà la rivalité, est capital pour les deux formations.

Pour Servette, il s’agit de confirmer ce succès acquis dans la douleur face à Grasshopper dimanche passé (3-2). Il y a plein de choses étranges qui enveloppent les Grenat cette saison. Moins d’assurances que les saisons précédentes. On fait le tour en trois points de ce petit cabinet de curiosités.

Lausanne en bête noire

Depuis que les deux clubs ont repris leur place en Super League, soit depuis la saison passée, Servette n’a jamais battu Lausanne. Les Grenat ont terminé troisièmes du championnat, sont la meilleure équipe romande, mais la statistique raconte pour la saison dernière trois défaites et un match nul contre le LS.

Cette saison, lors du premier choc, match nul à domicile frustrant pour des Grenat archi-dominateurs, qui avaient manqué de réalisme face à un mauvais LS. Bref, Servette a envie de corriger cette anomalie.

La pire défense de la ligue

Après 14 journées, Servette a la pire défense de la ligue avec 30 buts encaissés. À sa tête, il y a pourtant l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire du foot suisse, Alain Geiger. Le paradoxe est de taille.

«Nous avons une philosophie de jeu qui nous invite à prendre des risques, explique Geiger. Mais c’est une évidence: nous devons travailler mieux notre approche défensive globale.»

La statistique le souligne clairement. Saison 2019/2020, celle du retour en néo-promu dans l’élite: Servette encaisse en moyenne 1,3 but par match. C’est très bien. Saison 2020/2021, la saison passée, donc: Servette encaisse en moyenne 1,5 but par match. C’est un peu moins bien, mais c’est très correct. Saison 2021/2022, celle en cours: après 14 journées, Servette en est à une moyenne de 2,1 buts encaissés par match. C’est beaucoup trop.

Cela veut dire virtuellement que Servette doit marquer 3 buts pour gagner. Tiens: c’est d’ailleurs exactement ce qu’il a dû faire contre Grasshopper dimanche passé!

La hantise de l’arbitrage

Une psychose est-elle en train de s’installer chez les Servettiens, qui seraient à deux doigts de somatiser à chaque fois qu’un arbitre porte le sifflet à ses lèvres durant un match? On n’en est sans doute pas là, mais après plusieurs décisions litigieuses et parfois carrément fautives du corps arbitral, directeurs de jeu et VAR compris (rouge oublié à GC, bras oublié aussi qui valait un penalty, fiasco de Luca Piccolo à Saint-Gall qui coûte une défaite aux Grenat, penalty annulé pour Kyei dimanche passé aussi), Servette ne sait plus à quoi s’attendre.

Alain Geiger rit, mais jaune, comme un avertissement. «Nous sommes devenus une équipe à risque pour les arbitres, lance-t-il. Parce qu’à cause de nous, l’un des leurs (Luca Piccolo) a été rétrogradé en Challenge League pendant un moment. J’ai le sentiment que les arbitres ne savent plus comment siffler contre nous, qu’ils sont empruntés. Alors ça nous inquiète un peu. Et cela devient pesant aussi pour les joueurs, dans les situations de match, qui ne savent plus comment intervenir.»

Il est vrai que les Grenat ont déjà encaissé sept buts sur des penalties concédés, en 14 journées. Fou! Mais cette fébrilité défensive est-elle seulement due à la pression du corps arbitral qui pèserait sur toute l’équipe? On veut croire que non. C’est aussi aux Grenat de retrouver de la sérénité dans leurs placements et dans leurs gestes défensifs.

Solidité défensive et efficacité offensive, les deux mamelles de la réussite. Lausanne a les mêmes problèmes. Place au derby.

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