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Elections à MadagascarLe calme règne malgré les accusations de fraude

Après le dépouillement de presque un tiers des bureaux de vote à Madagascar, le candidat du régime sortant Hery Rajaonarimampianina semblait en passe de remporter la présidentielle.

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L'opposition et le président Hery Rajaonarimampianina (à l'image) se renvoyaient lundi la responsabilité de l'attentat qui a fait deux morts la veille dans un stade de la capitale.  (Lundi 27 juin 2016)

L'opposition et le président Hery Rajaonarimampianina (à l'image) se renvoyaient lundi la responsabilité de l'attentat qui a fait deux morts la veille dans un stade de la capitale. (Lundi 27 juin 2016)

AFP
Marc Ravalomanana est considéré comme l'un des opposants de l'actuel chef de l'Etat Hery Rajaonarimampianina. Ses partisans réfutent les accusations du pouvoir.  (Lundi 27 juin 2016)

Marc Ravalomanana est considéré comme l'un des opposants de l'actuel chef de l'Etat Hery Rajaonarimampianina. Ses partisans réfutent les accusations du pouvoir. (Lundi 27 juin 2016)

Keystone
Face à la presse, le premier ministre Olivier Mahafaly Olonandrasana a pointé du doigt l'opposition qu'il rend responsable de l'attentat  (Dimanche 26 juin 2016)

Face à la presse, le premier ministre Olivier Mahafaly Olonandrasana a pointé du doigt l'opposition qu'il rend responsable de l'attentat (Dimanche 26 juin 2016)

AFP

La publication des résultats de l'élection présidentielle est attendue début janvier. Si le candidat du pouvoir est en tête, son adversaire Robinson Jean Louis continue à crier à la «fraude massive».

En dépit de cette situation de blocage, l'ambiance était plus à la préparation des fêtes qu'aux affrontements politiques dans la Grande Ile lundi matin.

«Peut-être que certains radicaux pourront descendre dans la rue pour contester l'élection. Mais plus généralement, je pense que la population n'a pas envie d'être embarquée dans une nouvelle crise», observait l'analyste Jean-Eric Rakotoarisoa.

Bourrage d'urnes

Selon des résultats portant sur 31% des bureaux de vote publiés lundi à 16h00 (14h00 heure suisse) par la Commission électorale indépendante (Cenit), Hery Rajaonarimampianina recueillait 52,22% des suffrages exprimés. Il défend les couleurs d'Andry Rajoelina, l'actuel homme fort de la transition, qui a renversé le président Marc Ravalomanana en 2009.

L'avance de Rajaonarimampianina pourrait croître encore, les résultats publiés concernant en grande partie la région d'Antananarivo, bastion des pro-Ravalomanana.

Mais son adversaire Robinson Jean Louis, le candidat de l'ancien président, a convoqué partisans et journalistes dans la matinée à Antananarivo, pour dénoncer à nouveau des bourrages d'urnes qui lui voleraient sa victoire.

«Je dis urbi et orbi que nous avons gagné les élections», a-t-il martelé, répétant ce qu'il clame depuis la clôture du scrutin vendredi soir.

Preuves d'irrégularités

Les différentes missions d'observateurs étrangers, qui ont rendu leurs premières conclusions samedi et dimanche, n'ont pas relevé de problème majeur. Ils ont appelé les candidats à respecter jusqu'au bout le processus électoral, quitte à déposer des recours.

Jean Louis a aussi accusé de partialité la présidente de la Cenit Béatrice Atallah, une ancienne conseillère technique de Rajaonarimampianina.

«Nous avons des preuves d'irrégularités dans toute l'île», a souligné Robinson Jean Louis, dénonçant des bulletins cochés à l'avance en faveur de son adversaire ou des urnes comportant plus de bulletins qu'il n'y avait d'électeurs.

«Coup monté»

Et quand le camp adverse l'accuse également d'avoir tenté de bourrer les urnes, il dément: «Ce sont eux-mêmes qui pour nous accuser ont mis des bulletins précochés à notre nom, c'est un coup monté!» «C'est n'importe quoi», a réagi Rinah Rakotomanga, la porte-parole de Hery Rajaonarimampianina. «Sincèrement, non!»

«Les chiffres le disent, c'est moi, il n'y a pas d'ambiguïté, j'ai gagné! C'est vrai, ce n'est pas officiel, je parle de tendances, et sur la base de ces tendances, j'ai gagné», avait de son côté déclaré Rajaonarimampianina dimanche soir.

«Je pense qu'il faut attendre les résultats quand même», a noté l'analyste Jean-Eric Rakotoarisoa. «C'est une sorte de réédition de 2002», dit-il. Marc Ravalomanana s'était alors déclaré vainqueur sans attendre le résultat final et s'était auto-investi président.

Le scrutin est considéré comme l'indispensable premier pas qui permettra de sortir de la grave crise politique, économique et sociale qui a profondément appauvri Madagascar, mise au ban des nations, depuis près de cinq ans.

(ats)

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