Europe: Le calvaire des migrants coincés par le froid
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EuropeLe calvaire des migrants coincés par le froid

Les températures glaciales en Serbie ou en Grèce rendent la situation des réfugiés encore plus difficile. MSF dénonce une aide inappropriée.

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Quelque 180 passagers d'un train Thalys venant de Bruxelles sont restés bloqués de longues heures dans la nuit de jeudi à vendredi par la tempête qui a frappé le nord de la France. (Vendredi 13 janvier 2017)

Quelque 180 passagers d'un train Thalys venant de Bruxelles sont restés bloqués de longues heures dans la nuit de jeudi à vendredi par la tempête qui a frappé le nord de la France. (Vendredi 13 janvier 2017)

AFP
Quelque 330'000 foyers étaient privés d'électricité vendredi matin dans le nord, le centre et l'est de la France, en raison de vent violent. (Vendredi 13 janvier 2017)

Quelque 330'000 foyers étaient privés d'électricité vendredi matin dans le nord, le centre et l'est de la France, en raison de vent violent. (Vendredi 13 janvier 2017)

AFP
A woman walks through steam from an underground ventilation, as temperatures dropped below minus 20 degrees Centigrade ( minus 4 Fahrenheit) in Bucharest, Romania, Tuesday, Jan. 10, 2017. Romania's Energy Minister Toma Petcu said neighboring Bulgaria had urgently asked for extra electricity, but the request was declined since the cold weather has stretched Romania's power grid and natural gas consumption in Romania could reach an all-time high due to the frigid temperatures. (AP Photo/Vadim Ghirda)

A woman walks through steam from an underground ventilation, as temperatures dropped below minus 20 degrees Centigrade ( minus 4 Fahrenheit) in Bucharest, Romania, Tuesday, Jan. 10, 2017. Romania's Energy Minister Toma Petcu said neighboring Bulgaria had urgently asked for extra electricity, but the request was declined since the cold weather has stretched Romania's power grid and natural gas consumption in Romania could reach an all-time high due to the frigid temperatures. (AP Photo/Vadim Ghirda)

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Des milliers de migrants et réfugiés sont coincés sous des températures glaciales en Grèce et dans les Balkans. Les conditions d'accueil ne sont pas adaptées aux conditions hivernales, dénonce Médecins Sans Frontières (MSF).

Cette négligence des politiques des Etats européens, aggravée par les températures glaciales, a empiré une situation déjà insupportable pour des milliers d'hommes, femmes et enfants, affirme l'ONG dans un communiqué publié lundi.

«L'UE a décidé de laisser les Balkans gérer la situation dans le but d'endiguer le flux des personnes venues chercher la protection depuis les zones de guerre les plus actives aujourd'hui», déclare Stefano Argenziano, coordinateur des opérations MSF sur la migration. «Aujourd'hui, ces personnes manquent cruellement d'aide appropriée et cela met leur vie en danger.»

Températures glaciales en Serbie

A Belgrade, environ 2000 jeunes, principalement originaires d'Afghanistan, Pakistan, Irak et Syrie, dorment dans des bâtiments abandonnés dans le centre de la ville, tandis que les températures chutent jusqu'à moins 20 degrés.

«Depuis des mois, la stratégie a consisté à bloquer l'aide humanitaire pour pousser ces personnes dans des camps officiels. Mais les camps sont complets et déjà au-delà de leur capacité», affirme Stephane Moissaing, chef de mission MSF en Serbie.

«Plusieurs personnes sont déjà décédées d'hypothermie à la frontière entre la Serbie et la Bulgarie. On ne peut pas tout simplement s'asseoir et mettre à jour les statistiques des morts,» déclare M. Moissaing.

Iles-prisons en Grèce

La situation n'est pas plus enviable sur les îles grecques. Des milliers de personnes sont toujours bloquées dans des camps surpeuplés, vivant dans des tentes inadaptées à des températures négatives.

«Ces familles abandonnées sous la neige et la pluie glacée paient le prix du cynisme de l'Europe et de son accord répréhensible» conclu en mars entre l'Union européenne et la Turquie, déplore Clément Perrin, chef de mission de MSF en Grèce.

La surpopulation dans les camps et le manque criant de préparation aux conditions hivernales entraînent des risques dangereux pour la santé et la sécurité des gens vivant en Grèce. «Aucune personne en quête de protection, fuyant la guerre, la torture et la violence extrême ne devrait être abandonnée dans le froid,«conclut Clément Perrin.

Le HCR aussi inquiet

Vendredi, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) avait lui aussi demandé davantage de protection, notamment par des relocalisations au sein des Etats membres de l'UE.

A peine plus de 10% des engagements lancés par ces pays en 2015 ont été honorés. Le HCR demande aussi des transferts plus rapides vers le continent. Il a contribué à renforcer les systèmes de chauffage dans les sites où se trouvent les migrants et a distribué des centaines de paquets d'aide

(ats)

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