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Travail du sexeLe Canton du Jura veut réviser sa loi sur la prostitution

Le Jura revoit sa copie en matière de loi sur la prostitution et la pornographie. Les communes pourraient être plus impliquées.

Les salons de prostitution jurassiens devront obtenir une autorisation d’exploitation délivrée par le Canton, si la révision de la loi est acceptée.

Les salons de prostitution jurassiens devront obtenir une autorisation d’exploitation délivrée par le Canton, si la révision de la loi est acceptée.

Getty Images/iStockphoto – image d’illustration

Déjà vieille de 11 ans, la loi concernant l’exercice de la prostitution et le commerce de la pornographie (LProst) doit être actualisée, estime l’État jurassien. Il vient de mettre en consultation un avant-projet de révision totale, destiné notamment à mener une politique d’autorisations plus stricte. Actuellement, en effet, les salons de prostitution et agences d’escortes sont simplement tenus de s’annoncer, mais ne nécessitent pas d’autorisation d’exploiter. Avec la nouvelle mouture de la loi, c’est le Canton qui serait chargé de les distribuer.

Si le projet est accepté, les communes auront également plus de responsabilités: elles auront pour tâches de préaviser les ouvertures de ces salons et d’édicter les restrictions en matière de prostitution sur le domaine public.

Il est également prévu que le Service cantonal de l’emploi centralise les annonces des travailleurs du sexe, indique le Canton lundi dans un communiqué.  Le délai de consultation publique de l’avant-projet est fixé à la fin du mois de septembre 2022.

Non à la pénalisation des clients en Suisse

En juin dernier, le Conseil national a nettement rejeté une proposition qui s’inspirait de pratiques instaurées en France et dans les pays du Nord. Les clients de prostitué·e·s ne seront pas amendés en Suisse, comme le souhaitait la conseillère nationale Marianne Streiff-Feller (PEV/BE). Sa motion, intitulée «Interdire l’achat de services sexuels en Suisse selon l’exemple nordique», a été rejetée mardi 7 juin par 172 voix contre 11 devant la Chambre du peuple. S’inspirant de législations adoptées par la Suède, la Norvège, l’Islande, le Canada ou encore la France, l’élue voulait ainsi faire sortir les femmes contraintes de vendre leurs charmes du marché de la prostitution. Le Conseil fédéral, qui s’opposait à sanctionner les clients de la prostitution, affirmait, contrairement à Marianne Streiff-Feller, qu’il n’était pas possible d’évaluer l’efficacité de ces lois.

(comm/zma)

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