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Naufrage du ConcordiaLe capitaine du Concordia n'a fait qu'obéir aux ordres d'un chef

Francesco Schettino a déclaré à un ami avoir subi des pressions d'un "manager" de la compagnie Costa pour longer de très près la côte du Giglio. Trop près.

Costa Concordia

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AFP

Selon l'enregistrement d'une conversation téléphonique effectué à son insu avec des micros par des carabiniers au lendemain du naufrage, le commandant du Costa Concordia a indiqué avoir voulu "suivre le conseil du manager" qui lui indiquait la trajectoire à suivre.

C'était "pour suivre le conseil du manager, passe par là, passe par là ", disait Francesco Schettino à son ami, en ajoutant: "A ma place, un autre n'aurait pas été aussi coulant pour passer par là mais ils m'ont emm... avec leur passe par là, passe par là ". "Les écueils étaient là mais ils n'étaient pas signalés par les instruments que j'avais et je suis passé", a-t-il ajouté.

"Nous étions passés à 0,28 (0,28 mile nautique, 450 mètres) et le rocher nous l'avons pris latéralement. Tous les vendredis nous passions au dîner et là parce qu'ils nous ont emm.., pour saluer (la côte...) voilà où nous en sommes et c'est moi qui paye pour tout ce qu'on sait", ajoutait Francesco Schettino.

Parlant avec un autre ami, il admet avoir commis "une imprudence" en s'approchant de la côte à ce point, en ajoutant que "la brèche (dans la coque) a été énorme, il y avait un piton rocheux" encastré dedans.

Maximum de professionnalisme

Contrairement à des témoignages qui le décrivent pendant le naufrage comme perdant ses moyens, incapable de prendre une décision, tardant à donner l'alerte puis à décider l'évacuation, Francesco Schettino se dit convaincu dans cette conversation d'avoir "agi avec le maximum de professionnalisme".

"Ce qui me fait honneur, dit-il à son interlocuteur, c'est que je les ai tous sauvés, sauf ceux-là (les victimes, ndlr)".

Sans donner l'heure à laquelle cela s'est passé, il reconnaît toutefois avoir quitté le navire "quand il a commencé à pencher". Plusieurs témoignages ont affirmé qu'il serait parti bien avant la fin de l'évacuation des plus de 4200 passagers et membres d'équipage du navire.

Jusqu'à présent, le commandant et le premier officier de bord, Ciro Ambrosio, sont les deux seules personnes mises en cause pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire.

Salut à la côte

Après avoir été placé en détention au lendemain du naufrage, Francesco Schettino est assigné à résidence depuis mardi dernier.

Plusieurs témoignages publiés mardi soir par la presse confirment que le commandant voulait faire faire au navire l'"inchino" (révérence) une sorte de salut à la côte, pour rendre hommage à un ex-commandant de Costa qui habite sur l'île trois mois par an et au maître d'hôtel du Concordia originaire de l'île.

Selon Alberto Fiorito, officier de garde en salle des machines, lors des quatre dernières fois où le Concordia avait emprunté cette route, "nous avions fait le salut au Giglio à trois reprises et de plus en plus près". "En salle des machines, moins il y a de fond et plus ça vibre et à chaque fois ça vibrait davantage", a-t-il dit aux enquêteurs.

(AFP)

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