Actualisé 03.02.2018 à 14:46

Canton de BerneLe castor fait son nid en pleine ville de Bienne

Contre toute attente, un rongeur s’est établi derrière la prison du chef-lieu du Seeland. Preuve que l’animal – malin – sait s’adapter à tous les milieux, urbains compris.

par
Vincent Donzé
Délogé par les passants, le castor (photographié ici il y a deux semaines) a quitté son nid initial.

Délogé par les passants, le castor (photographié ici il y a deux semaines) a quitté son nid initial.

DR

Après le rat de ville et le rat des champs de 1668 dans la fable de Jean de La Fontaine, voilà le castor urbain, version 2017, au centre de Bienne. «Chassé par sa mère qui veut se reproduire, ce jeune doit faire son nid», relate René Kramer, gardien de la Colonie des cygnes, une volière placée sur un canal de la Suze.

Le castor repéré en aval de la Colonie des cygnes est du genre futé. Il a vu dans cette volière un garde-manger à sa mesure. «Il croque la salade déposée pour les cygnes et les canards», soupire René Kramer.

Dérangé et délogé

Le plus cocasse, c’est que le visiteur a repéré les fagots de bois qui lui évitent d’abattre un arbre ou de décimer un bosquet. «Il coupe la ficelle et s’empare des branches déjà arrachées», rapporte le gardien, sachant qu’un castor mange deux kilos d’écorces par jour.

Comment le rongeur a-t-il franchi l’écluse qui sépare son nid de son garde-manger? «En empruntant le passage aménagé pour les truites», répond notre interlocuteur. Si l’animal a donc de la suite dans les idées, reste que les passants – nombreux sur l’autre berge, tout au long de la promenade de la Suze – ont fini par le déloger. «J’ai même vu des gens lancer des pierres pour le faire bouger», s’insurge René Kramer.

Dérangé, le castor a déménagé, tout en poursuivant son grignotage à la Colonie des cygnes. Où, concrètement? Ce mystère complique sa capture en vue d’un éventuel transfert dans une réserve naturelle. «L’objectif du garde-faune consiste à poser sur son nid une cage pourvue d’une ficelle permettant de le piéger», résume René Kramer.

Il y a, à Bienne, 8000 arbres bichonnés par le service des espaces verts. À proximité d’un beau parc arborisé, celui de l’Elfenau, le castor de ville risque de provoquer des dégâts aussi néfastes que son homologue des champs qui avait abattu, en 2015, le plus beau peuplier de la plage de Bienne. Un crève-cœur pour les tenanciers du restaurant comme pour les habitués de l’endroit.

Dégâts réparés

Mais pas de panique! Depuis cet épisode de la plage, les arbres les plus tendres et les plus précieux comme les saules et les peupliers sont protégés par un treillis métallique enveloppant leur tronc jusqu’à une hauteur de 120 cm. À la Colonie des cygnes, René Kramer espère pouvoir repérer le bûcheron nocturne et informer le garde-faune. «Sa place n’est pas en ville, où la nourriture est insuffisante», estime-t-il.

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