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AsileLe centre de requérants de Perreux (NE) devient fédéral

Le centre d'hébergement de requérants de Perreux passera en mains fédérales début 2014.

Keystone

La gestion du centre d'accueil de requérants d'asile de Perreux passe en mains de la Confédération: un contrat de bail de dix ans est en cours d'élaboration. En contrepartie, le canton de Neuchâtel se verra attribuer moins de requérants.

Le canton, la commune de Boudry (NE) et l'Office fédéral des migrations (ODM) ont annoncé jeudi avoir signé une déclaration d'intention. La Confédération pourra exploiter plusieurs bâtiments du site comme centre d'hébergement fédéral.

Des travaux seront nécessaires. Un premier bâtiments comptant 80 à 100 lits sera fonctionnel dès le premier trimestre 2014. Durant les trois prochaines années, la capacité maximale atteindra 250 places.

Le canton recevra un forfait pour les frais des programmes d'occupation et de la sécurité hors du périmètre du centre. Quant au personnel d'encadrement actuellement engagé sur place, l'ODM et le canton «s'emploieront, dans la mesure de leurs possibilités, à rechercher des solutions adéquates et satisfaisantes».

Polémiques

Neuchâtel doit pour l'instant accueillir 2,4% du total des personnes déposant une demande d'asile en Suisse, selon la clé de répartition nationale. Avec 660 nouvelles arrivées l'an passé ( 20%), le canton, comme d'autres, fait face à une forte hausse du nombre de requérants.

L'ouverture du centre de Perreux début 2012 a permis de désengorger les deux autres situés à Couvet et à Fontainemelon. Mais ce site, qui abrite quelque 150 personnes d'une trentaine de nationalités, a défrayé la chronique. D'une part, il a souffert de troubles de sécurité - à l'instar des émeutes d'octobre et de décembre 2012 - et d'une sous-dotation du personnel d'encadrement.

D'autre part, des pensionnaires ont accusé trois collaborateurs de l'Etat (dont la directrice du centre) et cinq agents de sécurité d'abus de détresse et d'avoir eu des relations intimes avec des requérants. Une enquête pénale est toujours en cours.

Ce printemps, une enquête administrative avait conclu à des dysfonctionnements. Le Conseil d'Etat en place à l'époque avait évoqué un manque de rigueur dans l'application des procédures internes, sans donner de précisions, mais avait jugé que le rapport ne révélait pas d'élément clair justifiant un licenciement.

Quête de sites

De son côté, la Confédération cherche activement dans l'ensemble de la Suisse des solutions supplémentaires pour désengorger ses propres centres. Elle a notamment trouvé des accords avec bon nombre de communes pour la mise à disposition provisoire de cantonnements militaires, comme aux Pradières (NE) ou à Châtillon (FR).

Mais elle se heurte parfois à des résistances, comme à Bedretto (TI), dont le maire et la population avaient mis le holà. Souvent, en échange de la mise à disposition d'un site, la commune concernée s'efforce de négocier les conditions, telles que la réalisation d'aménagements extérieurs (terrain de jeu par exemple), ou la définition des zones auxquelles les requérants ont accès.

(ats)

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