Suisse: Le Centre islam et société tient à son indépendance
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SuisseLe Centre islam et société tient à son indépendance

Son directeur a précisé qu'il n'accepterait pas de dons de fondations du Proche-Orient.

Le directeur du Centre suisse islam et société essaie de calmer les esprits, son institut faisant l'objet de multiples crispations.

Le directeur du Centre suisse islam et société essaie de calmer les esprits, son institut faisant l'objet de multiples crispations.

Keystone

Le Centre suisse islam et société tient à son indépendance. L'idée de cet institut, qui sera officiellement inauguré lundi à Fribourg, est «de créer quelque chose en Suisse qui se focalise vraiment sur la politique du vivre-ensemble dans ce pays», note son directeur.

«Et les financements doivent correspondre», complète Hansjörg Schmid, dans un entretien publié mercredi dans La Liberté. Dans le détail, le Centre est principalement financé par la Confédération, avec l'Université de Fribourg.

Il a aussi bénéficié d'un soutien de la fondation Mercator qui subventionne des projets visant au bien vivre-ensemble, explique le professeur. Et de souligner que l'institut n'accepterait pas de dons de fondations du Proche-Orient par exemple.

Dans un master

«Dans de nombreuses professions, il y a vraiment une nécessité d'avoir une connaissance plus approfondie de l'islam et des musulmans dans le contexte de la société suisse», estime le directeur. C'est pourquoi l'institut vise aussi la formation et la formation continue, en plus de la recherche.

Le Centre prévoit de proposer un programme de master secondaire aux étudiants d'ici 2017. Ceux qui étudient la pédagogie de l'histoire contemporaine, ou les sciences sociales, par exemple, pourront opter pour un programme complémentaire en islam et société.

Parmi les cours proposés au prochain semestre, l'un sera consacré à l'éthique de la paix, en s'intéressant à l'histoire de la violence dans l'islam et le christianisme. Il y aura aussi un séminaire sur l'islam en Suisse et un cours sur la philosophie de l'islam.

Continue et décentralisée

Du côté de la formation continue, l'institut compte élaborer des CAS (certificate of advanced studies), avec une quinzaine de jours de cours et un travail à rendre. L'un d'eux pourrait débuter en 2017.

Le centre continuera néanmoins à proposer des séminaires courts, «parce que tout le monde n'a pas le temps ni les moyens de suivre un CAS», notamment parmi les responsables bénévoles d'associations musulmanes. L'institut organise aussi, sur une période de deux ans, 25 séminaires dans différentes régions de Suisse.

A titre d'exemple, un séminaire de deux jours intitulé «Comprendre la radicalisation pour la prévenir» a eu lieu en mai. Parmi les spécialistes qui sont intervenus, il y avait entre autres des imams qui ont parlé de leur expérience, de leur travail avec les jeunes.

L'UDC ne lâche pas

L'UDC avait lancé une initiative demandant la fermeture du centre, mais le texte a été invalidé par le Grand Conseil en mars dernier. Le parti a fait recours au Tribunal fédéral.

Pour l'heure, le Centre est opérationnel et le grand public pourra aller à sa découverte lundi lors de la cérémonie d'inauguration. Après les discours se tiendra une discussion sur le thème «Musulmans de Suisse: quelle participation à la société civile?».

(ats)

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