Football - Le cercle vicieux du LS
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FootballLe cercle vicieux du LS

Les Vaudois n’ont toujours pas gagné le moindre match de championnat cette saison. Un nul 1-1 contre Sion cette fois, alors qu’un succès se dessinait.

par
Daniel Visentini

Lentement, le sentiment d’insécurité a grandi, il a essaimé du terrain vers les tribunes, saisissant les 12000 supporters présents. À moins que cela ne soit le contraire, à moins que le doute n’ait gagné d’abord le public, comme une fatalité, pour se transmettre aux joueurs. Allez savoir… À la Tuilière, il y avait un Lausanne-Sport qui menait au score contre Sion, mais qui savait que tout n’était que fragilité. Cette fragilité, c’est ce qui fait le malheur du LS.

Six matches de championnat, trois nuls avec ce dernier contre Sion, trois défaites, aucune victoire: le bilan du début de saison des Vaudois raconte le problème. Lausanne ne sait pas comment s’y prendre pour gagner une rencontre, même quand celle-ci lui tend les bras.

L’opportunisme d’abord

Dimanche, pour l’inauguration officielle de la nouvelle enceinte avec du public, il y a eu plusieurs séquences qui plaçaient le LS dans les bonnes dispositions pour goûter au bonheur d’une première victoire. D’abord, cette chance saisie à la fin de la première période. Un décalage de Puertas pour Chafik, un centre et une tête de Mahou qui fait mouche. Une seule occasion, la bonne, la pause ensuite.

Les hésitations des vingt premières minutes balayées par opportunisme, comme la promesse d’un pragmatisme qui fuit l’équipe depuis le début de la saison. Mais les problèmes ont rattrapé Borenovic et les siens après la mi-temps.

Temps forts, temps faibles

Le premier souci est l’efficacité défaillante. De retour des vestiaires, le LS a eu ce temps fort qui doit permettre d’asseoir un succès. Une vraie domination, des occasions (Puertas, Kukuruzovic notamment), mais le filet de Fayulu qui ne tremble pas. On croit que la difficulté à profiter des temps forts dessine le résultat final. C’est vrai en partie. Elle contribue en tout cas à fragiliser un groupe qui n’arrive pas à faire la différence quand il le doit.

Mais c’est dans la gestion des temps faibles que la vérité s’écrit aussi, comme un écho. Tout doucement, un Sion minimaliste a refait surface. Hoarau était là depuis la pause. Lausanne savait que les ballons convergeraient vers lui et c’est dans cette impuissance à éviter ce qui était prédit que le LS a laissé échapper la victoire, concédant l’égalisation sur une tête du Français. Défense préventive défaillante sur la perte de balle qui précède le but d’Hoarau: un scénario qui plombe les résultats.

Dans son système, le Lausanne-Sport de Borenovic peine à dégager des articulations offensives fluides et, quand il y parvient, il peine à se montrer efficace pour en profiter. Et puis, quand il est sous pression, il y a comme une certitude malsaine qui s’installe, qui dit que le pire va arriver, qu’il lui est impossible de traverser le temps faible sans en payer le prix.

Des soucis collectifs

Ce cercle vicieux coûte cher aux Vaudois. En sortir nécessite des trésors de confiance. Des schémas aussi. Pour trouver celui qui peut apporter la confiance: trouver plus facilement Cameron Puertas, c’est faciliter le mouvement (on l’a vu sur le 1-0). Il faut aussi gommer cette fébrilité défensive qui s’empare trop facilement de Monteiro ou de Sow: cela suppose une organisation collective à la perte de balle pour s’éviter des frayeurs.

Il y a des envies de jeu qui transpirent du terrain, pour le LS, là où Sion est froidement calculateur. Mais ces élans s’étranglent trop vite quand un grain de sable vient gripper la machine. Le nul 1-1 de ce derby a rappelé les vilains tropismes du LS: le manque de confiance devant, le déficit d’assurances dans le jeu défensif. L’un répondant à l’autre. Les deux se conjuguant pour laisser le LS en queue de classement, neuvième, à égalité de points avec Lucerne, à qui il a transmis la lanterne rouge. Seule consolation dominicale.

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